Libye : sous la pression de la France et la Grande-Bretagne, l’ONU a donné son accord pour une intervention militaire

Le 17 mars, à la demande de la France, de la Grande-Bretagne et du Liban, l’ONU a adopté une résolution instituant une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Elle autorise le recours à la force contre l’armée libyenne de Kadhafi afin de : « Prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils et imposer un cessez-le-feu à l’armée libyenne ».

La résolution a été adoptée par 10 voix sur 15. La Chine et la Russie se sont abstenues mais n’ont pas utilisé leur droit de veto pour empêcher son adoption. Les trois autres pays qui se sont abstenus sont l’Allemagne, l’Inde et le Brésil. Aussitôt connue la décision, selon la chaîne d’information Al Jazeera, très présente en Libye aux côtés des opposants au régime de Kadhafi, la foule aurait explosé de joie à Benghazi et entonné : « One, two, three … thank you Sarkozy ».

Face au non respect du cessez le feu annoncé vendredi par Kadhafi, la France, le Royaume-Uni et les USA ont décidé de passer à l’action dés samedi en procédant à des frappes aériennes ciblées contre les forces de l’armée libyenne, sur l’ensemble du territoire. Ces premiers raids aériens ont été suivis par  une salve de 115 missiles de croisière Tomahawk, afin de neutraliser les stations radars et autres batteries anti-aériennes.

On se rappelle que la France, comme l’Europe, avait été critiquée pour avoir réagi mollement à la crise tunisienne. Aujourd’hui ministre des affaires étrangères, Alain Juppé est au devant de la scène. Il avait maintes fois dénoncé le manque de réaction de la communauté internationale face à la contre-attaque des troupes de Kadhafi pour réduire les bastions gagnés sur le terrain par l’opposition.

Appuyé par son brillant ministre des Affaires étrangères, Nicolas Sarkozy a remué ciel et terre ces dernières semaines pour mobiliser les pays occidentaux, à commencer par les Etats-Unis et la Ligue arabe, jusque là peu enclins à s’engager pour empêcher les troupe officielles d’anéantir la rébellion. L’Elysée avait même reçu des représentants de l’opposition libyenne et reconnu officiellement celle-ci comme la seule représentante de la Libye, allant même jusqu’à désigner un ambassadeur à Benghazi, le siège des rebelles. Un geste qu’aucun autre pays n’avait osé faire.

Après des semaines de tergiversations, hormis le soutien de David Cameron, le Président français semblait isolé sur la scène internationale face aux réticences des américains et européennes à intervenir en Libye. Finalement, les diplomaties françaises et britanniques ont uni leurs forces et fini par décider les américains et bon nombre de pays alliés, à l’exception notable de l’Allemagne. A croire que les prochaines échéances électorales de l’autre côté du Rhin sont plus importantes que l’aide au peuple libyen, pilonné par l’un des pires dictateurs que la planète ait connu.

Au final, le résultat est aussi spectaculaire qu’inattendu. Mais il était temps car l’opposition libyenne était en train de se faire tailler en pièces par les troupes fidèles à Kadhafi et de perdre peu à peu le terrain gagné. Une belle victoire diplomatique pour Nicolas Sarkozy et David Cameron. Mais le plus difficile reste à faire ; gagner la guerre et faire partir Kadhafi.

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