Aveyron : Jean-Claude Luche entend conserver la majorité au Conseil général tandis que la gauche se prend à rêver de bascule…

En Aveyron, comme dans bien des départements français, les élections cantonales de mars 2011 s’annoncent serrées dans certains des 22 cantons renouvelables sur 46.

Présidé par Jean-Claude Luche, la majorité départementale du Conseil général (qui se situe politiquement à droite) dispose d’une courte avance de l’ordre de 3 à 4 sièges ; ce qui constitue la plus faible majorité jamais observée en Aveyron depuis plus de 50 ans. Après les récentes déroutes de l’UMP et de ses alliés sur le département (cantonales 2008, municipales 2008, sénatoriales 2008), le rapport droite-gauche  s’est retourné pour être depuis quelques années, sensiblement favorable à la gauche.

Une évolution inespérée à gauche il y a encore 5 ans, qui s’explique davantage par les querelles intestines et autres règlements de comptes au sein de la droite aveyronnaise ces dernières années, que par la crédibilité de la gauche et sa capacité à porter au plan local un véritable projet. Elle compte néanmoins profiter des difficultés de la droite à se remettre de ses échecs passés et sur un possible  « vote sanction » des électeurs à l’encontre de la politique menée au plan national par la droite, pour tenter de faire basculer le Conseil général dans son camp.

Pour montrer sa détermination à voir basculer le département, le parti socialiste a d’ores et déjà désigné celui qui en briguera la présidence à l’issue des élections : Guy Durand, le maire de Millau. Le parti est d’ailleurs depuis plusieurs mois en campagne et ne manque pas une occasion de pilonner  Jean-Claude Luche, le président sortant, l’accusant de tous les maux et notamment d’engager le département dans la spirale de la dette. A les entendre, celle-ci aurait connu une forte hausse en 3 ans, du fait des lourds investissements réalisés, notamment au plan routier. Est-ce bien là le bon angle d’attaque ? L’avenir le dira alors qu’il y a encore quelques années, ils accusaient ce même Conseil général de ne pas s’endetter.

Pour sa part, le président sortant ignore les attaques et s’appuie sur son bilan depuis son élection en 2007. Selon lui, le Conseil général avance dans la sérénité et la cohésion en entretenant désormais des relations normales avec l’ensemble des collectivités, y compris la ville de Rodez et l’agglomération du Grand Rodez. A ceux qui en doutent, il évoque l’avancement d’un certain nombre de dossiers communs jusque là enlisés depuis des années. L’un des dossiers dont il est le plus fier, c’est le déblocage du dossier de la mise à 2 X 2 voies de la RN88 entre Rodez et Carmaux, dont il estime avoir été l’artisan et dont les travaux ont débuté fin 2010. Il se consacre dorénavant à faire avancer l’autre partie de la RN88, entre Rodez et Séverac-le-Château qui semble d’ailleurs peu intéresser la gauche. Ajouté à cela la pléthore de travaux routiers engagés depuis 2008 sur le réseau départemental, Jean-Claude Luche est convaincu qu’au moment de mettre leur bulletin dans l’urne, les aveyronnais sauront reconnaître l’importance du travail accompli pour désenclaver et combler le retard pris par le département dans ce domaine.

Du côté des opposants à la majorité du Conseil général, rien n’est clairement défini si ce n’est la promesse de plus de dépenses sociales et mettre en place d’un « nouveau projet aveyronnais » après consultation des populations. Rien de bien crédible ni rassurant. A défaut de mieux, elle compte surfer sur un environnement politique national qui lui semble favorable. C’est pourtant oublier le principal handicap pour la gauche aveyronnaise : l’image désastreuse qu’elle a donné ces derniers mois, tant au conseil municipal de Rodez qu’au sein de la communauté d’agglomération du Grand Rodez. Les conflits persistants au sein même du parti socialiste, et plus généralement de la gauche, donnent une image peu glorieuse de celle-ci, d’autant que les résultats de leur gestion à mi-mandat, de l’aveu même de nombreux électeurs de tous bords, se font toujours attendre. Ce qui risque de refroidir quelque peu l’ardeur de certains électeurs, notamment sur le canton de Rodez-Est où la droite a une belle carte à jouer.

Après avoir donné une large majorité à la gauche ces dernières années (région, mairies de Rodez et de Millau, agglomération du Grand Rodez, sénateurs…), les électeurs accepteront-ils de prendre le risque de mettre tous les œufs dans le même panier ?

Le bon sens aveyronnais ne risque-t-il pas de reprendre le dessus ? A trop rêver de réaliser le grand chelem (en faisant basculer le seul département de la région Midi-Pyrénées qui n’est pas encore à gauche), le parti socialiste ne prend-t-il pas le risque de vendre la peau de l’ours… ?   D’autant qu’au final, n’oublions pas que ce sont les candidats désignés dans chaque canton qui,  au vu de leur capacité à répondre aux attentes de la population, feront la différence devant les électeurs.

Pas sûr que les désirs du parti socialiste coïncident avec ceux de la majorité des aveyronnais. Verdict au soir du 27 mars prochain.

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