Rodez : après l’agglomération, les règlements de compte se poursuivent au conseil municipal

La dernière séance du conseil municipal de Rodez du 24 février 2011 s’annonçait quelque peu morne et sans grand intérêt ; celle-ci ayant pour principal objet de voter un certain nombre de décisions validées en commissions.  D’ailleurs, un certain nombre de conseillers municipaux étaient absent. Une fois encore, l’opposition brillait par son absence puisque pas moins de cinq membres sur six n’avaient pas daigné être présents. Une bien étrange attitude pour le moins incompréhensible et peu respectueuse au regard des électeurs.

Revenons à cette dernière séance avant les élections cantonales. En préambule, peut-être pour lui donner un peu de piment, Jean-Albert Bessière, élu de la majorité de gauche, a demandé la parole. Une pratique peu habituelle qui ne pouvait qu’avoir obtenu l’assentiment de la majorité municipale et de son maire. Sa cible n’était autre que son collègue de la majorité municipale, Bruno Bérardi, élu des Verts et par ailleurs vice-président de la communauté d’agglomération et candidat remplaçant aux élections cantonales de Rodez-Est, aux côtés d’Emily Teyssedre-Jullian, au nom d’Europe Ecologie-Les Verts.

M. Bessière lui reprochait des déclarations critiques tenus récemment à propos des récents règlements de compte au sein de l’agglomération du Grand Rodez :  « … quand on voit se qui se passe à l’agglomération, on se demande quel espoir porte la gauche » aurait-il notamment asséné. Il semble que cela n’a guère été du goût de certains élus de la majorité municipale, d’autant que ce dernier s’est parfois montré critique à l’égard de certaines décisions municipales.

Et de poursuivre son réquisitoire à l’encontre de M. Bérardi : « Vous faites partie de la majorité de gauche élue au conseil municipal. Vous ne pouvez pas indéfiniment jouer contre votre camp. Si j’étais maire ou président de la communauté d’agglomération, je vous mettrais dehors de ses deux structures… » allant même jusqu’à réclamer sa démission pure et simple. Par delà la manière pour le moins inquisitoriale, voilà qui a le mérite de la clarté. Il est dorénavant interdit de critiquer de prés ou de loin la majorité de gauche, qu’il s’agisse de la municipalité de Rodez ou de l’agglomération du Grand Rodez sous peine de perdre son mandat.

On se serait cru en plein congrès socialiste exigeant que des têtes tombent. Bruno Bérardi s’est dit surpris par ces attaques et, pris à froid, il n’a pas souhaité réagir sur l’instant d’autant que, selon lui, ce n’était ni le lieu, ni le moment.

De son côté, le maire n’a pas paru surpris par la teneur de cette intervention et a même remercié M. Bessière dont il a reconnu partager l’indignation. L’adjointe des Verts au conseil municipal, Mme Marie-Claude Carling a du monter au créneau pour tenter de défendre M. Berardi, en affirmant haut et fort que les Verts se situaient politiquement « à gauche de la gauche ». Des propos qui n’ont manifestement pas rassuré ce dernier qui a aussitôt accusé, tout à tour, Mme Eva Joly et M. Nicolas Hulot membre d’Europe Ecologie de ne pas être de gauche. En d’autres termes, après les  précédentes démissions au sein du conseil municipal de Rodez, il semble que d’autres têtes soient en passe de tomber.

Cette attaque politique ciblée semble bel et bien avoir été orchestrée.  Manifestement, la gauche bien qu’hyper majoritaire est de plus en plus fébrile et sur la défensive. Et elle a bien de quoi ! Nul doute que la candidature aux élections cantonales de Rodez-Est du tandem Emily Tesyssedre-Jullian/Bruno Bérardi, sous la houlette d’Europe Ecologie-Les verts, gène les projets de la gauche ruthénoise qui n’entend pas abandonner le canton à d’autres candidats, fussent-ils de « l’autre gauche ». En effet, Mme Teyssedre-Jullian appartient au mouvement Cap21, un courant écologiste bien connu qui a rejoint récemment Europe Ecologie et qui lui n’est effectivement pas « à gauche de la gauche ».

Après avoir neutralisé l’opposition municipale de Rodez qui ne participe plus qu’épisodiquement aux séances du conseil municipal, Christian Teyssedre semble maintenant vouloir poursuivre le ménage au sein de sa majorité. Ce serait tout de même un comble qu’il ait à faire face à une opposition dans son propre camp ! En attendant, les règlements de comptes politiques entre élus de gauche  au sein de l’agglomération et du conseil municipal de Rodez l’emportent sur la gestion de la ville et de l’agglomération. Les ruthénois assistent médusés et impuissants à des joutes politiques stériles sur le partage des rôles au détriment de l’avenir de leur ville.

Les ruthénois sont las de ce spectacle permanent qui ne les intéresse guère. Plutôt que de gesticuler à tout propos, l’important n’est-il pas d’agir et de faire avancer les dossiers qui préparent la ville et de l’agglomération aux défis de demain ?

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