France : oublier MAM au plus vite et redimensionner notre politique étrangère !

Lors du dernier remaniement ministériel de l’automne 2010, beaucoup de critiques avaient été faites, y compris au sein de la majorité UMP et de ses alliés, sur sa composition et sa répartition politique. Ce n’est pourtant pas faute de temps puisque celui-ci était annoncé et attendu depuis de 6 mois déjà. Parmi les anciens ministres reconduits, dont certains déjà en poste depuis fort longtemps, beaucoup s’étaient interrogés sur la nomination de Michèle Alliot-Marie au ministère des Affaires étrangères, d’autant plus que son mari, Patrick Ollier, avait pour sa part été nommé ministre des Relations avec le Parlement. Une première pour un couple politique qui n’avait rien de très sain !

On nous avait alors expliqué que MAM faisait partie de la veille garde gaulliste et qu’elle était une ministre exemplaire, rigoureuse et sûre. Que des qualités en somme ! Pourtant, à peine nommée au ministère des Affaires étrangères, les choses n’ont pas tardé à se gâter. Passe encore pour la gaffe à propos de sa proposition d’envoi d’aide au maintien de l’ordre en Tunisie, une déclaration fort maladroite qui avait été largement déformée par ses détracteurs.

Ce qui au départ aurait pu passer pour une boulette, n’était que le début d’une affaire qui montre à quel point MAM n’était pas à sa place à ce poste. Inutile de revenir sur cette série d’épisodes peu glorieux qui ont fait la une de la presse et ridiculisé notre politique étrangère, digne d’une modeste république bananière. Outre le discrédit sur notre diplomatie, ce qui a surpris et choqué c’est l’argumentation utilisée pour se défendre. Dans ce domaine, MAM a été tout simplement lamentable. Manifestement, en dépit de sa longue expérience politique, elle n’a rien compris à ce qui lui arrive. A croire que la confusion entre sa vie publique et privée faisait partie du décor depuis toujours. Les français de tous bords n’en reviennent toujours pas.

Une seule solution s’imposait : la démission immédiate. Même si elle est venue tardivement, le bon sens a fini par l’emporter. La nomination d’Alain Juppé au ministère des Affaires étrangères par le Président de la République met fin à des semaines de crise. Nul doute que l’expérience et le savoir-faire d’Alain Juppé vont permettre d’effacer au plus vite cet épisode douloureux pour notre diplomatie.

Même si MAM ne porte pas toutes les responsabilités des errements de notre diplomatie, on comprend mieux pourquoi celle-ci s’est avérée incapable de prévoir les changements intervenus en Tunisie, en Egypte et dans tout le monde arabe. Consolons-nous en constatant que notre pays n’a hélas pas été le seul à ne pas avoir prévu ces brusques évolutions ; finalement, les USA et l’Europe n’ont pas fait mieux. On est cependant en droit de s’interroger sur l’utilité et l’efficacité de notre diplomatie alors que notre grande proximité avec ces pays et la présence de nombreux opposants à ces régimes sur notre territoire auraient du nous alerter. Il est également probable que le phénomène d’hyper médiatisation (télévisions par satellite, téléphonie mobile, internet et les réseaux sociaux), change la donne et accélère considérablement les évolutions. Il n’est donc pas facile d’anticiper des changements pouvant intervenir en quelques heures.

Par delà cette bien triste affaire, le temps est peut-être venu pour la France de réduire sérieusement la voilure et de revoir ses ambitions en matière de politique étrangère. La crise du monde arabe démontre également l’urgence de mettre en place une véritable politique euro-méditerranéenne afin de permettre à ces pays de faire face aux problèmes économiques et politiques qui vont être les leur et tenter d’endiguer les flux migratoires qui vont en résulter vers l’Europe.

La France, comme les anciennes puissances, n’a plus les moyens financiers de sa politique et ne pèse plus grand-chose au regard des 6 milliards d’habitants de la planète. Face à la montée en puissance des BRIC, la seule alternative crédible pour notre pays de peser sur le monde, c’est d’agir au sein de l’Union européenne. Aux côtés de l’Allemagne, la France doit donner l’impulsion nécessaire à la mise en œuvre d’une véritable politique étrangère de l’Europe qui soit l’égale de celle des USA, de la Chine et autres grandes nations du monde. L’influence mondiale de la France et de l’Europe ne peut exister qu’au sein de l’Union européenne.

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