Aveyron : le maire de Rodez en campagne contre le Conseil général…

Une fois de plus, M. Teyssedre cède à son péché mignon : la gesticulation médiatique. Après la lamentable série de règlements de compte à l’agglomération du Grand Rodez dans la presse locale de ce début janvier où les ruthénois ont pu découvrir une institution intercommunautaire au bord de l’implosion, voilà que le maire de Rodez s’en prend maintenant au Conseil général.

Il est vrai que le parti socialiste doit au plus vite effacer de la mémoire des électeurs ce bien triste épisode ruthénois. Comment ne pas redouter les effets désastreux des fortes tensions, entre les élus socialistes, autour du contrôle de l’agglomération et l’immobilisme qui en résulte depuis les élections de 2008 ? Si prés des élections cantonales où la gauche caresse l’espoir « d’emporter » le Conseil général de l’Aveyron dans son escarcelle (ce dernier bastion de la droite en Midi-Pyrénées qui les irrite tant), ces guéguerres quasi-permanentes entre socialistes ne sont pas du meilleur effet.

C’est d’autant plus vrai que le socialiste sortant du canton de Rodez-Est devra affronter plusieurs candidats sur sa gauche et qu’il aura en face de lui un candidat unique de la droite : Bernard Saules. Le danger est bien réel pour M. Bultel, d’autant que son bilan, à y regarder de prés, paraît bien maigre pour ne pas dire nul. Celui que la droite désigne sous le doux vocable de « Coucou » a donc quelques soucis à se faire pour assurer sa réélection. Aussi, ne manque-t-il pas une occasion de  bien figurer sur les photos diffusées dans la presse locale. Cela suffira-t-il à convaincre les électeurs ruthénois quelques peu fatigués par les facéties du maire de Rodez ?

Revenons à ce dernier. Plutôt que de s’occuper des dossiers ruthénois dont un certain nombre sont aujourd’hui bloqués ou bien mal en point : agglomération paralysée, chantier du foirail et musée Soulages stoppés, réaménagement du cœur de ville différé, asphyxie de la circulation automobile aux portes de la ville, grand contournement de Rodez en stand-by, transports urbains inadaptés, hôpital confronté à la plus grave crise de son histoire… Dans ce contexte, M. Teyssedre tente une nouvelle fois une opération de diversion pour cacher aux yeux des ruthénois les difficultés du moment et l’absence de véritable projet pour la ville et l’agglomération.

Ce denier accuse Jean-Claude Luche, président du Conseil général de laisser filer la dette en se lançant des investissements excessifs et, d’une manière générale, de se contenter de simples effets d’annonce à la veille des élections. Dans sa modestie légendaire, il n’hésite pas un instant à s’octroyer des qualités de bon gestionnaire au motif que la dette de Rodez aurait baissé de 15% en 3 ans alors que celle du Conseil général serait passée, dans le même laps de temps, de 52 millions d’euros à 155 millions d’euros en 2011. A son habitude, il n’hésite pas à balancer une série de chiffres pour le moins difficilement vérifiables. Sans être un expert financier, tout observateur attentif de la scène locale ne peut qu’être amusé par le caractère pour le moins abusif des comparaisons.

Si la ville de Rodez a vu sa dette baisser ces dernières années, elle le doit principalement à la seine gestion de l’équipe précédente qui n’avait pas eu un recours excessif à l’emprunt, contrairement à ce qu’il affirmait lorsqu’il était dans l’opposition. Elle le doit aussi, plus probablement, à l’immobilisme de sa politique depuis 3 ans à la tête de la ville. Les ruthénois n’ont d’ailleurs  pas manqué de s’interroger sur l’absence  d’investissements structurants au cours de cette période alors que l’on avait souvent reproché à l’équipe précédente une politique d’investissement à outrance. Enfin, la ville a vendu quelques bien immobiliers et autres bijoux de famille, pas toujours aux meilleures conditions ; ce qui a effectivement concouru à une diminution de la dette. Pour autant, peut-on parler ici d’une bonne gestion des finances locales ? Pas si sûr. D’ailleurs, au vu des importants investissements qui seront financés par l’emprunt dans les 3 années à venir, la dette ruthénoise va rapidement en prendre un coup et risque d’exploser, sans parler de possibles dérapages financiers sur certains projets en cours. De ce point de vue, le bilan de M. Teyssedre en 2014 pourrait être bien plus lourd que prévu. Patience !

S’agissant du Conseil général, les aveyronnais ont bien compris qu’au vu des retards importants pris au niveau de certaines infrastructures routières départementales et nationales, ce dernier n’avait guère le choix que de s’endetter pour faire face aux investissements indispensables (déviation de Pont-de-Salars, liaison Millau-A75, déviation de Curlande, participation au financement des travaux de mise aux normes autoroutières de la RN88 entre le viaduc du Viaur et Rodez ; demain, déviation d’Espalion, barreau de St Mayme…). Contrairement à Rodez, le Conseil général investit durablement pour préparer l’avenir et favoriser le développement économique de tout le département, tout en soutenant activement les entreprises du secteur des travaux publics. Certes, ces travaux sont très importants pour la collectivité, mais dans une économie mondialisée où la concurrence est permanente, il y avait urgence à réduire le retard pris au niveau des  infrastructures routières qui pénalisent l’économie aveyronnaise. C’est une question de survie. Au moment où l’Etat s’avère financièrement incapable d’assumer ses responsabilités dans ce domaine, le Conseil général n’avait d’autre alternative que d’accentuer ses investissements structurants. En cela, il est parfaitement dans son rôle. Reste à s’assurer que cette dette reste dans des normes supportable par la collectivité et qu’elle n’obère pas ses capacités d’emprunt à moyen terme. L’autre levier consiste à réduire drastiquement les dépenses de fonctionnement de l’institution départementale.

Au final, pendant que le Conseil général avance et investit pour préparer l’avenir, le maire de Rodez dont le bilan n’est pas très glorieux, persiste dans des gesticulations stériles et les attaques tous azimuts. Chacun l’aura compris. A moins de deux mois des prochaines élections cantonales où la gauche entend faire basculer la majorité du Conseil général dans son camp, tous les moyens sont bons pour appâter  l’électeur et lui laisser croire que seuls certains seraient mieux qualifiés pour gérer. De la part du maire de Rodez, passé maître dans l’art de l’enfumage et du tapage médiatique, nul doute que les électeurs feront preuve de la plus grande prudence.

Le réveil risque d’être plus douloureux que prévu pour certains.

Advertisements

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :