Rodez : un budget 2011 record mais beaucoup d’incertitudes sur l’avenir (2)

S’agissant du niveau d’investissement de la ville de Rodez, il convient de rappeler certaines réalités qui semblent avoir échappé à certains. Jusqu’en 2008, le projet d’aménagement du foirail, qu’il s’agisse du musée Soulages, du multiplexe de cinéma et du palais des congrès étaient financés par la communauté d’agglomération en raison de la nature même de ces équipements structurants pour l’ensemble du Grand Rodez. 3 ans plus tard, seul le musée Soulages est aujourd’hui financé par l’agglomération et ses divers partenaires (Etat, Région et Conseil général).

Les changements intervenus dans le projet initial à l’initiative de la ville de Rodez, notamment du fait de dissensions politiques, font qu’aujourd’hui le palais des congrès, devenu une simple salle des fêtes pour la modique somme de 4.3 millions d’euros (c’est le projet le plus couteux qui a été retenu) et le multiplexe de cinéma (8 millions d’euros) sont aujourd’hui financés par la ville de Rodez. Si l’on ajoute le coût du parking souterrain de plus de 8 millions d’euros, c’est à terme un budget d’investissement de plus de 20 millions d’euros à la charge de la ville. Reste à espérer que ces importants chantiers ne feront pas l’objet de surcoûts et que les frais de fonctionnement qui vont en résulter seront maitrisés et supportables par la ville. C’est loin d’être gagné !

S’agissant des dépenses en général, comment ne pas douter de la capacité de la municipalité à les maitriser. On pourrait aussi s’interroger sérieusement sur les prix d’acquisitions de certains immeubles ou terrains, parfois peu en rapport avec les prix habituels du marché comme cela semble avoir été le cas pour le terrain de la future école de Bourran, pourtant d’une superficie modeste et fort mal situé, en bordure d’un boulevard urbain très fréquenté. Et que dire du bail emphytéotique consenti généreusement par la municipalité à la société Cap Cinéma, l’exploitant du futur multiplexe de cinéma de Rodez ? Outre un loyer à priori modeste au regard des investissements, le bail prévoit une baisse substantielle de celui-ci en cas où la fréquentation serait inférieure à 250 000 entrées. Sans oublier l’avantage supplémentaire gracieusement consenti à ce même exploitant par la municipalité de prés de 180 places gratuites dans le futur parking souterrain de 450 places !

Au dire de M. Teyssedre lui-même, ces conditions résultent de longues et difficiles négociations avec l’exploitant (on veut bien le croire puisqu’il a fallu prés de 3 ans) et tiennent compte du fait qu’un tel équipement est habituellement réalisé en périphérie où les places de parkings sont gratuites. De là à penser que l’exploitant, en position de force face à la municipalité en raison de l’existence d’un projet concurrent, a imposé ses conditions, il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir. Encore une guéguerre locale qui risque de coûter cher aux contribuables ruthénois. Ils pourront toujours se consoler (les contribuables du piton) en allant au cinéma, histoire de rentabiliser les places de parkings gratuites, pour peu que les cinéphiles des communes alentours ne les squattent pas régulièrement ! A ces conditions, les ruthénois bénéficieront-ils de tarifs privilégiés pour leurs places de cinéma ?

Au final, c’est la capacité d’investissement et d’emprunt de la ville à moyen terme qui risque d’être mise à mal, d’autant qu’en ces temps de crise économique et budgétaire, les ressources de la commune ne peuvent progresser. A terme, cela risque de se traduire par une inévitable augmentation de la fiscalité locale à Rodez à partir de 2014. On risque d’être bien loin de la modeste et fantaisiste baisse annoncée de 1% du taux de la taxe d’habitation qui n’a d’ailleurs bénéficié qu’à quelques-uns. Dans ce contexte, difficile de se féliciter d’un haut niveau d’investissement de la ville de Rodez si ces derniers s’avèrent partiellement inadaptés et excessifs et ne permettent pas une maitrise des dépenses de fonctionnement à moyen et long terme, avec un véritable retour sur investissements pour les années à venir. Sans oublier la dette qui risque d’exploser !

Loin d’être rassurant, le niveau actuel d’investissement de la ville de Rodez n’est-il pas inquiétant pour demain ? Un jour prochain, nul doute que la brume rose qui couvre régulièrement le piton depuis 2008, s’estompera et permettra enfin aux ruthénois de découvrir que la réalité est toute autre que celle annoncée. Gageons qu’il ne sera pas trop tard !

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