Réforme des retraites : entre mensonges et manipulations

Les récentes manifestations contre le projet de réforme du régime des retraites proposé par le gouvernement reposaient en grande partie sur des arguments erronés et mensongers pour entretenir la peur des lendemains et mobiliser le plus de monde possible.

Les manifestations de lycéens, largement soutenues par les syndicats et certains partis de gauche, n’ont pas manqué de surprendre de nombreux français quelque peu dubitatifs de voir des jeunes s’opposer à la réforme des retraites  alors même que celle-ci avait pour objet d’assurer la pérennité du système à long terme, et par voie de conséquence, de préserver au mieux leurs intérêts pour demain. On passera sur le fait qu’il est pour le moins incongru que quelques jeunes qui commencent à peine leurs études soient à ce point obnubilés par leur retraite au lieu de se préoccuper de se former et de trouver un emploi durable.

L’un des arguments de lycéens contre la réforme, emprunté à la CGT et à l’UNEF, était d’affirmer que le prolongement de l’âge de la retraite jusqu’à 62 ans allait créer un million de chômeurs et, par voie de conséquence, retarder un peu plus l’entrée des jeunes sur le marché du travail. Tout cela est parfaitement grotesque et totalement faux !

Tous les économistes sont d’accord pour dire qu’il n’y a strictement aucun rapport entre l’âge de départ à la retraite et le niveau de chômage des jeunes d’un pays. Il suffit de regarder attentivement les données de l’OCDE pour constater que le chômage des jeunes de 18-25 ans est généralement très inférieur (9% à 18%) à celui de la France (22%) dans les pays où l’âge de départ à la retraite est situé entre 62 ans et 65 ans. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, pour un départ à la retraite à 63.5 ans, le taux de chômage des jeunes se situe aux alentours de 16% seulement. Cherchez l’erreur ?

Selon l’OCDE, la réalité semble même être à l’opposé des slogans avancés par les syndicats. Les chiffres sont indiscutables et montrent que les pays qui ont augmenté leur taux d’emploi des séniors sont aussi ceux qui ont le plus augmenté celui des jeunes de moins de 25 ans. A l’inverse, la France a l’un des taux les plus élevés de chômage des jeunes alors qu’elle a massivement encouragé les séniors à quitter le marché du travail. Ceci établi clairement que le marché de l’emploi est tout sauf un gâteau que l’on peut partager. Il y a tout simplement des actifs employables et d’autres pas.

Le problème c’est qu’en France, contrairement à l’Allemagne, au Japon ou au Pays-Bas, plus de 150 000 jeunes, représentant 17% de leur classe d’âge, sortent chaque année du système scolaire sans aucune formation. Là est le véritable problème qui devrait préoccuper les jeunes et les inciter à suivre assidument leurs études pour se préparer à aborder le marché du travail dans les meilleures conditions. Ce n’est certainement pas en manifestant sans raisons que leur situation va s’améliorer. Heureusement pour l’avenir de la France, la grande majorité des jeunes sont restés à leurs chères études, à l’écart d’un mouvement politique qui n’avait rien de spontané et réfléchi.

Une fois de plus, certaines organisations syndicales et politiques n’ont pas hésité à manipuler les plus jeunes et les plus naïfs à des fins strictement politiciennes plutôt que de faire de véritables propositions qui auraient permis d’améliorer et de consolider le projet de réforme initialement déposé.

Si la réforme adoptée n’est pas parfaite, elle a le mérite d’avoir sauvé le système par répartition pour quelques temps encore. Chacun devrait s’en réjouir. D’ailleurs, le FMI (Fonds monétaire international) ne s’y est pas trompé. Par la voix de son chef économiste Olivier Blanchard, il a adressé le 04 novembre un satisfecit à la France pour avoir réalisé une réforme «importante» et «substantielle» des retraites. Pour autant, «sera-t-elle suffisante pour toujours, peut-être pas, mais il fallait la faire», a-t-il enchaîné, ajoutant: «c’est une réforme qu’il aurait fallu faire depuis 20 ans». Le FMI, dont le président n’est autre que Dominique Strauss-Kahn, estime qu’un «certain nombre de réformes structurelles» sont encore nécessaires en France.

Eh oui, ce n’est qu’un début et la France devra aller beaucoup, beaucoup, plus loin pour préserver durablement ses acquis sociaux. Il serait temps que la poignée d’irréductibles qui se sont opposés à la présente réforme pour des raisons strictement politiques reviennent aux réalités de ce monde et cessent de manipuler l’opinion. La poursuite des réformes est la seule planche de salut pour la France, et ce, quel que soit la couleur politique du gouvernement, si l’on veut éviter de voir le pays sombrer dans une situation peu enviable à la grecque.

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