Birmanie : Aung San Suu Kyi libérée par la junte militaire

Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, a été finalement libérée le 13 novembre par la dictature birmane, au terme de 7 ans de privation de liberté.

Elle fait suite aux élections organisées début novembre par les militaires birmans. L’élection qui n’avait donc strictement rien de démocratique (l’opposition avait été exclue du scrutin), a renforcé un peu plus la toute puissance de la junte birmane conduite par le général Than Shwe qui aurait recueilli pas moins de 80% des suffrages. Etonnant lorsque l’on sait que la majorité de la population birmane est asservie par une dictature de fer et ne dispose que du strict minimum pour survivre. Le courage d’Aung San Suu Kyi, aujourd’hui âgée de 65 ans n’en est que plus méritoire.

Dés sa libération, elle s’est exprimée publiquement, depuis le siège de son parti la Ligue nationale pour la démocratie (LND), devant une foule venue l’accueillir et la soutenir. Bien que la dissidente birmane ait passé 15 des 21 dernières années privée de liberté, elle a fait preuve de courage et de détermination, tout en tenant des propos apaisants à l’endroit de la junte au pouvoir à Rangoon. Sa combativité n’a en rien été altérée. Elle a notamment rappelé : « La liberté d’expression est le fondement de la liberté démocratique »… « Il faut vous battre pour ce qui est juste… »

Selon des propos recueillis par l’agence Reuters, elle aurait affirmé sans rancune : « Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler. Les gens doivent travailler à l’unisson. C’est seulement comme cela que nous réaliserons notre objectif …»

Si aucune contrepartie n’a clairement été exprimée par la junte, selon les observateurs, celle-ci attend néanmoins de Mme Aung San Suu Kyi un soutien pour obtenir la levée, ou en tout cas, une atténuation des sanctions prises par les pays développés à l’encontre de la Birmanie. Lors de sa conférence, elle a ainsi fait par de son souhait de dialoguer avec la communauté internationale concernant les sanctions, laissant entendre qu’il s’agissait du souhait du peuple birman, ajoutant : « Le moment est venu où la Birmanie a besoin d’aide. »

Si les pays occidentaux font globalement bloc contre la dictature birmane, notamment aux travers de sanctions strictes depuis de longues années, tel n’est hélas pas le cas de certains pays, dont la Chine. Une fois encore, celle-ci soutien l’une des plus abominables dictatures du monde et profite de leur absence pour marquer son influence sur la région. Manifestement, compte-tenu des enjeux et de l’attitude générale de la Chine, il sera difficile de trouver une solution rapide qui permette de mettre un terme à cette terrible dictature qui opprime le peuple birman.

Le moment est probablement venu s’interroger sur le bien fondé d’un embargo économique qui n’a pas, loin s’en faut, montré son efficacité à lutter contre la junte. Des sanctions économiques et politiques plus ciblées pourraient finalement s’avérer plus efficaces, tout en ne privant pas le peuple birman des denrées élémentaires qui lui faciliteraient grandement la vie de tous les jours. De la même manière, n’est-il finalement pas contre productif et pénalisant pour le peuple birman de maintenir le boycott touristique de la Birmanie ? Est-ce en contribuant à replier le pays sur lui-même, en abandonnant le peuple birman à son triste sort, que l’on peut permettre une ouverture rapide du pays sur le monde et le retour à la démocratie ?

Advertisements

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :