USA : les midterms marquent un virage à droite des américains

Les résultats des élections de mi-mandat, deux ans après l’accession de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, ne laissaient pas entrevoir de bons résultats pour le parti démocrate au pouvoir. Sans grande surprise, la vague républicaine a effectivement déferlé sur l’Amérique. Si les démocrates ont finalement conservé une courte majorité au Sénat (51 sièges) en perdant tout de même 6 sénateurs, ils ont été largement battus à la Chambre des Représentants où les républicains ont raflés 66 sièges, bien plus qu’il ne leur en fallait pour en prendre le contrôle.

Voilà qui complique singulièrement la tache d’Obama et risque fort de limiter les réformes à venir, tout en l’obligeant à trouver un compromis avec les républicains.

Indiscutablement, les résultats de ces élections traduisent un fort mécontentement des électeurs vis-à-vis de leur président. Ils lui reprochent notamment de n’apercevoir aucune véritable amélioration sur le front de la crise économique et financière dont les USA ont du mal à se sortir. En dépit de l’important plan de soutien à l’économie, la reprise tarde à ses dessiner contrairement à l’Europe. Une situation qui dure outre atlantique et qui exaspère l’électorat démocrate très touché par la crise : un niveau de chômage proche de 10 %, des déficits abyssaux qui se sont considérablement creusés (déficits de l’Etat de 13 000 milliards de dollars) et des saisies immobilières qui continuent malgré tout avec leur effet dévastateur sur les plus modestes.

Certes, le parti du président perd généralement toujours des sièges lors des « midterms » mais de manière beaucoup moins sévère, y compris du temps de Bush pourtant très impopulaire. C’est dire si la déception de l’électorat démocrate est grande.

A l’inverse, l’électorat républicain s’en est donné à cœur joie et s’est largement mobilisé pour montrer son opposition à Obama. D’ailleurs, plus que le parti Républicain lui-même, à la surprise générale, c’est le Tea Party qui sort vainqueur en emportant même deux sièges de sénateurs et privant ainsi les républicains de la majorité au Sénat. C’est le retour en force d’une droite populiste et conservatrice, favorable à des coupes sombres dans les budgets sociaux et à une réduction massive des déficits publics (moins d’impôts, moins d’Etat), eux qui accusent Obama de faire du socialisme.

Au final, en dépit de la lourde défaite, Barack Obama limite les dégâts. Sur certains dossiers, il devrait pouvoir collaborer avec la Chambre des Représentants contrôlée par les Républicains en attendant que sa politique porte enfin ses fruits d’ici deux ans, pour aborder la présidentielle de 2012 en conservant toutes ses chances.

Après l’Europe, force est de constater qu’avec la crise, l’électorat occidental vire sensiblement à droite.

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