Réforme des retraites : vers la promulgation de la loi et la fin du conflit ?

Après le Sénat mardi, l’Assemblée nationale a adopté ce mercredi 27 octobre par 336 voix contre 233, le texte définitif validant le projet de loi relatif à la modification du régime des retraites.  La loi devrait être promulguée courant novembre.

Issue de longs mois de négociations avec les partenaires sociaux et de centaines d’heures de débats au Parlement, rarement une loi aura autant mobilisé les élus de la nation. A défaut de régler le financement du régime des retraites au-delà de 2020, cette loi a le mérite d’assurer la pérennité de l’actuel régime de retraite par répartition. Le débat démocratique regretté par certains a bien eu lieu même si les français, selon certains sondages, étaient globalement opposés à cette réforme.

Justifier la mobilisation contre la réforme en arguant de l’appui  d’une majorité de français n’est pas très démocratique. Comment peut-on d’ailleurs juger de l’opinion des français sur un sujet aussi sensible et complexe alors qu’il y a encore quelques mois, ils étaient largement  favorables à cette réforme? Au vu de la confusion entretenue par certains syndicalistes et médias, il apparait pour le moins abusif de s’appuyer  sur quelques sondages pour justifier des manifestations, au demeurant soutenues par une faible part de grévistes (moins de 10% ces dernières semaines). On est donc bien loin d’une franche opposition à la réforme.

On ne peut que regretter que le tohu bohu médiatique autour de cette réforme n’ait pas permis d’avoir un débat serein et constructif. Une fois encore, les syndicats français ont fait la démonstration qu’ils préféraient la confrontation à la concertation. A moins que l’objectif avoué de certains n’ai été d’en découdre, par principe, plutôt que de trouver des solutions au financement du régime des retraites, en tentant de mettre en difficulté le Chef de l’Etat sur une réforme clef de son quinquennat ? Nous sommes là bien loin du souci de sauvegarder du système des retraites revendiqué. A ce petit jeu, comme les lycéens, les manifestants ne sont-ils pas en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis ?

Cette réforme méritait-elle autant d’excès et de manipulations de toutes sortes alors qu’elle demeure relativement équilibrée, avec la prise en compte de certaines demandes des syndicats comme sur la pénibilité, les carrières longues ou les conditions des femmes ayant interrompu leur carrière pour élever leurs enfants. La justesse de la réforme est d’autant moins contestable que :

  • dans la plupart des pays européens, l’âge légal de la retraite est généralement de 65 ans et parfois au-delà,
  • l’espérance de vie au-delà de la retraite n’a jamais été aussi importante en France (plus de 20 ans et bien encore demain),
  • le système de financement par répartition si cher aux français est maintenu alors qu’il est inévitable qu’il faudra tôt ou tard le compléter par un système basé sur la capitalisation,
  • les régimes spéciaux, très favorables et couteux des salariés de certaines entreprises publiques (EDF, SNCF…) ne sont pas remis en cause par la présente réforme alors qu’ils devront inéluctablement être alignés sur ceux du régime général,
  • les pensions de retraites sont maintenues au niveau actuel.

Les syndicats français, probablement par souci de maintenir à tout prix la cohésion syndicale, ont-ils été manipulés par leurs fractions les plus radicales, opposées à toute forme de négociation avec les pouvoirs-publics ? De son côté, une fois de plus, le parti socialiste s’est limité à suivre et encourager le mouvement de protestation, fondé en grande partie sur la peur et l’inquiétude de l’avenir, plutôt que de s’aliéner l’électorat de gauche le plus radical, brouillant au passage son image de parti de gouvernement. Pourquoi si peu de courage politique ? Ce dernier gagnerait à tenir un discours responsable à l’égard des français plutôt que de retomber dans son péché mignon : la démagogie.

Au final, dans ce dossier des retraites, tout le monde aura été perdant et c’est bien dommage. Beaucoup de temps perdu et d’énergie dépensée pour rien car la réforme était de toute façon nécessaire et inéluctable. Si une certaine forme de contestation et de mécontentement pouvait se comprendre durant le processus devant le Parlement, la démocratie exige maintenant que les manifestations et autres blocages par la force de notre pays cessent dés lors que la loi est définitivement adoptée. La démocratie c’est d’abord de respecter la légitimité de celles et ceux qui ont été élus pour diriger ce pays, à commencer par le Parlement. La prochaine échéance électorale pour la démocratie française est prévue au printemps 2012 !

 

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