Europe : pourquoi elle vire à droite

Les élections de ces derniers mois dans l’Union européenne ont été marquées par le retour en force de gouvernements de droite ou de centre-droit : Grande-Bretagne,  Pologne, Suède, Hongrie et tout récemment Lettonie, à la surprise générale. Manifestement, les électeurs tournent durablement le dos à la gauche européenne.

Seuls quelques rares pays du versant méditerranéen de l’Europe : Espagne, Portugal, Grèce… conservent encore des gouvernements de gauche ! Pour combien de temps ? Malmenés par la crise, voire menacés de faillite pour certains, non seulement les gouvernements grecs, portugais et espagnols sont aujourd’hui directement menacés par leur opposition de centre-droit. Plus encore, ils sont placés sous la stricte surveillance des agences de notation, du FMI et de la Commission européenne.

Ailleurs en Europe, la droite a le plus souvent le vent en poupe. Le virage à droite du continent européen est général et concerne la plupart des tendances politiques : libéraux, conservateurs ou nationalistes, avec parallèlement une poussée sensible des nationalistes et de l’extrême-droite. C’est le cas en Hongrie, aux Pays-Bas et en Italie. L’ampleur de ce phénomène n’avait jamais été noté depuis bien longtemps. Les conséquences de la crise ?

Même la très social-démocrate Suède, doute de plus en plus de la capacité de la gauche à présenter une alternative crédible pour son pays. Cette dernière y a perdu le pouvoir en 2006 et a confirmé son échec le 19 septembre dernier, face au parti conservateur de Fredrik Reinfeldt. Bien qu’ayant frisé la majorité absolue, celui-ci devra cependant composer avec l’extrême-droite qui, pour la première fois, a fait son entrée au Parlement de Stockholm avec 5,7 % des voix et 20 sièges. La Suède rejoint ainsi le Danemark, dont la gauche est écartée du pouvoir depuis prés de dix ans, qui doit lui aussi composer avec un parti ultranationaliste.

Le retour du centre-droit aux affaires dans les grands pays ; en Allemagne avec Angela Merkel, puis en 2010 au Royaume-Uni avec David Cameron, s’est opéré sous la forme d’une coalition conservatrice-libérale jusque là inédite. Plus étonnant, cette « droitisation » s’est produite alors même que la gauche avait, dans ces deux pays, largement libéralisé son programme ces dernières années sous la houlette respective de Gerhard Schroeder et de Tony Blair.

Même si cela déplaît à certains, il faut croire que les électeurs font plus confiance à un gouvernement de centre-droit pour mener une véritable politique de droite, notamment par gros temps comme actuellement où l’Europe traverse l’une des plus fortes crises de son histoire et que beaucoup d’incertitudes planent sur son avenir.

En dépit d’un contexte politique national qui lui semble plutôt favorable, la gauche française reste à la peine et s’avère incapable de présenter un candidat qui fasse l’unanimité et d’offrir une véritable alternative en l’absence de tout programme. Elle a donc quelques soucis à se faire et ne peut ignorer qu’elle rame à contre-courant en Europe. Dans ce contexte, la question pour elle est de savoir s’il vaut mieux avoir un candidat de gauche radical ou un social démocrate pour avoir les meilleures chances de l’emporter au deuxième tour de la présidentielle en 2012. Attendons la fin des primaires socialistes, si elles finissent par avoir lieu et l’éventuel programme.

Finalement, au-delà des gesticulations médiatiques habituelles, la gauche française a-t-elle une alternative crédible à proposer à la hauteur des problèmes qui sont aujourd’hui ceux de la France et de l’Europe ?

A lire sur le sujet : « Le monstre doux. L’occident vire-t-il à droite  » de Raffaele Simone – Editions Gallimard

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