Aveyron : des NRA-ZO pour réduire les zones d’ombre ADSL (1)

13 septembre 2010

Afin de réduire les zones blanches ADSL, le déploiement de NRA-ZO (Nœuds de Raccordement Abonnés – Zone d’Ombre) se sont multipliés en France depuis 2008. La création de NRA-ZO consiste à installer un équipement ADSL (DSLAM) à proximité d’un sous-répartiteur téléphonique afin d’en atténuer l’affaiblissement de la ligne téléphonique généré par une trop grande distance. Cet investissement  a pour objet de combler certaines zones d’ombres jusque là non couvertes par le haut-débit, en étendant la zone de couverture du signal ADSL et améliorant substantiellement les débits des connexions vers cet équipement.

En France, seulement 400 NRA-ZO (soit 3% du parc total des centraux téléphoniques) étaient opérationnels début 2010. La répartition géographique est loin d’être homogène. Les quatre départements de la région Auvergne concentrent à eux seuls plus de 300 nœuds de raccordement en zone d’ombre : l’Allier (64 NRA), le Cantal (73 NRA), la Haute-Loire (64 NRA) et le Puy-de-Dôme (101 NRA). Cet investissement a été co-financé par les Conseil généraux et par la Région Auvergne, dans le cadre d’un partenariat public-privé avec France-Télécom.

De son côté, le département de l’Aveyron qui dispose de nombreuses zones d’ombres avait privilégié dés 2006, la couverture haut-débit en optant pour la technologie Wimax alors très en vogue. Cet investissement de 14 millions d’euros a été effectué dans le cadre d’une DSP (Délégation de service public) accordée à la société Net Aveyron, contrôlée par Altitude Télécom. Après de nombreuses péripéties, le réseau Wimax Aveyron est aujourd’hui opérationnel, même s’il ne rencontre pas le succès espéré en nombre d’abonnés.

Pour autant, un certain nombre de foyers se trouvant dans des communes excentrées où le relief est particulièrement tourmenté, ne sont toujours pas éligibles à l’ADSL ou au Wimax.

C’est la raison pour laquelle le Conseil général de l’Aveyron, ne se satisfaisant de cette couverture partielle du département en haut-débit, avait lancé lui aussi en mai 2009 un appel d’offre pour la construction de 26 NRA-ZO afin de densifier la couverture ADSL. Le coût de cet investissement destiné à compléter la couverture Wimax  a été de 3 millions d’euros. En ce début septembre 2010, la plupart de ces NRA-ZO parmi les plus éloignés des centraux téléphoniques de France Télécom ont enfin été raccordés au réseau.

Prochainement : L’activation de 26 NRA-ZO en Aveyron

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Rodez : l’urgence d’adapter le centre-ville à l’ouverture du musée Soulages

10 septembre 2010

La ville d’Albi a été reconnue par l’Unesco au cours de l’été 2010,  d’abord en raison de son passé et de la richesse de son patrimoine architectural. Mais aussi parce que la municipalité a porté ces dernières années un véritable projet de mise en valeur de la ville. Elle a su l’aménager patiemment, y compris contre l’avis de ses habitants, pour la rendre plus agréable à vivre, en privilégiant les espaces piétons et paysagers et en mettant en valeur son patrimoine exceptionnel. Ville touristique par nature, relativement fréquentée par de nombreux étrangers en raison justement de la qualité de son patrimoine, la candidature de la ville au patrimoine mondial de l’Unesco se justifiait pleinement au vu des critères actuels. L’obtention de cette distinction n’est pour Albi que la cerise sur le gâteau qui vient conforter l’édifice patiemment construit au fil des années.

A quelques semaines de la distinction accordée à Albi, la décision soudaine du maire de Rodez d’envisager la candidature de la ville à l’Unesco prête à sourire dans toute la ville et alentours. Pourquoi tant d’empressement ? Pour qui connaît les critères exigés et les rares villes françaises élues, telles Carcassonne et Albi au plan régional, est-il crédible et raisonnable d’engager la ville de Rodez dans cette démarche qui n’a, au jour d’aujourd’hui, que très peu de chance d’aboutir un jour  ? Plutôt que de vouloir copier la ville concurrente voisine, la crédibilité de municipalité aurait gagné à attendre le temps nécessaire à une étude plus approfondie sur le sujet.

Affirmer que la candidature de Rodez serait une opportunité pour faire bouger la ville, c’est faire preuve d’une grande naïveté et quelque part, tromper la population. Une fois de plus, probablement à court d’idées, le maire a cédé aux sirènes médiatiques de ce mois d’août un peu calme, pour occuper le terrain. Encore de la fumée et pas grand-chose derrière disent certains. Est-ce ainsi que l’on entend rendre la ville plus attractive, après 30 mois d’immobilisme ? Plutôt que de se disperser et de brasser du vent à tour de bras, la municipalité gagnerait en crédibilité et en cohérence à travailler à un dossier très concret, d’actualité et essentiel pour le devenir de la ville et de son agglomération : la réussite du musée Soulages. Ce serait déjà beaucoup.

Force est de constater que depuis plus de deux ans, le centre-ville de Rodez est laissé à l’abandon, à l’image des dossiers en suspens : « Cité, cœur de ville » et « place Foch » qui faisaient pourtant une large place aux aménagements piétons et paysagers de nature à rendre la ville plus agréable et attractive pour les visiteurs. Nombre de touristes de passage à Rodez cet été n’ont pas manqué de constater que le centre-ville était plus que jamais envahi par les voitures et qu’il laissait peu de place aux piétons et aux terrasses, sans parler de la propreté qui n’était pas au rendez-vous. On aimerait que cela change rapidement. Le bitume ne règle rien, bien au contraire.

Plutôt que de s’engager dans une démarche plus qu’incertaine, les ruthénois préféreraient que soient privilégiés les aménagements qui améliorent leur cadre de vie et rendent leur ville plus attractive et agréable à vivre. La réalisation du musée Soulages, dont on attend toujours le démarrage, ne sera une réussite que si le centre-ville  est aménagé en conséquence et permet d’attirer celles et ceux qui viendront le visiter, et mieux, de les conserver un jour ou deux sur place. C’est une chance pour le développement de l’économie que Rodez ne doit pas rater. Pour ce faire, la municipalité doit agir d’urgence sans attendre l’ouverture du musée. Elle sera jugée sur sa capacité à gérer ce dossier, l’un des plus importants que la ville ait mené jusqu’ici.

Avec le musée Soulages, on ne peut que regretter que la municipalité ne soit pas en mesure de mobiliser les ruthénois autour d’un grand projet structurant et cohérent pour la ville. L’important pour les ruthénois, ce ne sont pas les rapports de forces politiques locaux mais bel et bien l’existence d’un projet qui permettra à la ville d’assurer son développement futur.

Gouverner c’est préparer l’avenir et non se disperser au gré des vents. Une ville comme Rodez ne peut se piloter à vue, au jour le jour. A bientôt mi-mandat municipal, les ruthénois aimeraient être assurés qu’il y a bien un pilote dans l’avion municipal…


Iran : en 2010, la lapidation continue toujours…

8 septembre 2010

Les autorités iraniennes ont suspendu ce mercredi 8 septembre la peine de mort par lapidation prononcée à l’encontre de Sakineh Mohammadi Ashtiani, une mère de famille condamnée pour adultère et complicité dans le meurtre de son mari. Selon le ministère iranien des Affaires étrangères, son verdict serait en cours de réexamen. Un répit qui risque cependant d’être de courte durée car elle risque d’être exécutée après la fin du ramadan qui se termine le 10 septembre. La lapidation d’une femme qui a simplement osé résister à son mari ferait peut-être mauvais effet pour l’image de l’islam. Et puis le 11 septembre n’étant pas loin, le régime pourrait en profiter pour marquer un peu plus les esprits occidentaux.

La femme âgée de 43 ans avait reçu 99 coups de fouet avant d’être condamnée à la peine de mort. Elle avait fait des aveux télévisés en août dernier, sous la menace. Ces derniers jours, plusieurs pays, dont la France et l’Italie, avaient appelé Téhéran à la clémence. Madame Carla Bruni-Sarkozy, qui depuis le début de l’affaire, apporte son soutien à Sakineh Mohammadi Ashtiani avait été vivement prise à parti par ces mêmes autorités iraniennes pour qui les femmes ne sont que des êtres de troisième zone, sans aucun droit.

La preuve, depuis l’arrivée du gouvernement islamique en Iran en 1979, des milliers de femmes sont lapidées annuellement après des procès expéditifs, simplement pour avoir contesté l’autorité de leur mari, qui lui, est libre de faire ce qu’il veut. Un retour aux bonnes vielles méthode barbares et moyenâgeuses où l’homme (le mâle) a tous les droits, y compris celui de faire lapider son épouse. On a du mal à le croire en 2010 et pourtant cela existe en Iran, et probablement dans quelques autres pays islamiques.

Devant une telle barbarie, on ne peut que s’étonner du silence de beaucoup d’ONG françaises et mondiales, pourtant habituellement si promptes à dénoncer les atteintes aux droits de l’homme. Manifestement, la sauvagerie et la maltraitance faite aux femmes des pays partisans d’un islam intégriste et rétrograde mérite moins d’attention à leurs yeux que quelques fort menues présumées entorses au droit d’asile et autres expulsions réalisées par les pays occidentaux conformément à la loi internationale. C’est tout simplement affligeant pour elle et leur crédibilité mais on est habitué !

Le sort de cette femme courageuse continue cependant de susciter une vive émotion en Occident. Juste avant l’annonce du gouvernement iranien, le Parlement européen a voté à l’unanimité une résolution demandant à l’Iran de revenir sur la condamnation à mort de Sakineh Mohammadi-Ashtiani. De nombreuses manifestations ont eu lieu dans le monde pour demander la clémence à son égard. Au final, seul le guide suprême, l’ayatollah Khamenei, pourrait décréter son amnistie.

Finalement, beaucoup d’iraniens et d’occidentaux en sont réduits à regretter l’époque du Chah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi. En dépit de sa police politique, la Savak, les iraniens demeuraient libres de circuler, de s’habiller à leur manière, de pratiquer la religion de leur choix et les femmes étaient respectées et avaient une place de choix dans la société. Une société perse extrêmement sophistiquée et avancée pour l’époque qui, depuis l’arrivée des ayatollahs au pouvoir à Téhéran, a brutalement plongé dans le passé le plus sombre de la préhistoire de l’humanité.

Gageons que le combat inégal mené par Sakineh Mohammadi Ashtiani aboutira à terme, à une révolte des iraniens qui finiront pour bouter hors de leur pays ces extrémistes islamiques qui voudraient imposer leur dictature au reste du monde. C’est ce qu’on peut espérer de mieux pour les iraniennes et plus généralement pour les femmes des pays islamiques.


France : après une nouvelle grève contre la réforme des retraites, l’heure de l’action

7 septembre 2010

Le projet de réforme du régime de retraites soutenu par le gouvernement était en discussion ce mardi 7 septembre à l’Assemblée nationale. Comme d’habitude, cette importante réforme devenue nécessaire pour pérenniser les régimes de retraites, était accompagnée d’une journée de grève nationale avec ses habituelles manifestations. Par delà la réalité des chiffres, probablement bien inférieurs à ceux annoncés par les organisations syndicales, la mobilisation était néanmoins forte et sensiblement supérieure aux précédentes. Pour autant, ces chiffres de manifestants doivent être relativisés car ils représentent globalement moins de 5% de la population et de 15% des actifs.

Face à un président de la République largement élu par 52% des français dont le gouvernement met en œuvre sa politique, quelle peut-être la légitimité de tels mouvements soutenus par les forces politiques de l’opposition ? Doit-on accepter que moins de 5% des français, appuyés par des syndicats à la recherche de représentativité et de rapports de force, bloquent une réforme indispensable pour préserver les retraites de tous ? Pourquoi les syndicats français sont-ils restés à ce point politisés et peu ouverts au dialogue et aux réformes, contrairement aux pays de l’Europe du nord ? Pourquoi s’opposer au rallongement de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans alors que l’âge en vigueur est souvent bien au-delà (65 ans et +) dans la plupart des pays européens, notamment en raison de l’allongement de la durée de vie ?

Et maintenant, on fait quoi ? Est-on plus avancé ? Que vont y gagner les français ? On peut craindre le pire pour les retraites futures, à moins que le gouvernement n’ait finalement le courage et la sagesse de persister dans sa réforme, tout en acceptant un certain nombre d’améliorations, notamment pour les « carrières longues », les femmes et les métiers les plus pénibles. Il y a urgence à débloquer la situation et aller de l’avant sur ce dossier, comme dans d’autres.

A défaut, de grés ou de force, la France risque de devoir payer le prix fort et ne pourra durablement s’épargner des mesures de rigueur de très grande ampleur afin de réduire une bonne fois pour toutes ses déficits et contenir sa dette publique qui devient abyssale et insupportable (plus de 80% du PIB). Les français doivent comprendre que l’extrême précarité des finances publiques et la fragilité de la reprise économique nécessitent des ajustements et, qu’à défaut, la situation peut rapidement dégénérer à la manière grecque. Ce qui serait catastrophique pour la partie de la population la plus fragilisée et pour les générations futures qui devront payer nos dettes. Ce scénario ne peut être exclu notamment si la note AAA, attribuée à la dette souveraine française par les agences de notation, se trouvait dégradée du fait de l’échec de la réforme des retraites.

La voie est étroite et chacun de leur côté, gouvernement et syndicats doivent faire preuve de la plus grande responsabilité pour trouver un compromis acceptable pour toutes. A suivre !


France : affaire Woerth-Bettencourt, suite et fin ?

5 septembre 2010

Le pilonnage médiatique d’Eric Woerth, ministre du Travail, se poursuit maintenant prés de trois mois. Jamais depuis bien longtemps, aucune personnalité n’avait fait l’objet d’un tel acharnement dans la presse. Tout y est passé, à commencer par les allégations les plus invraisemblables les unes que les autres. Un harcèlement médiatique comme on en a rarement vu en France, preuve s’il en faut, qu’il s’agit bien d’une opération orchestrée afin de déstabiliser, voire d’acculer à la démission, l’un des principaux ministres du gouvernement et proche du président de la République.

Trois mois après le début de cette affaire, il faut bien avouer qu’au final, il n’y a pas grand-chose de concret à reprocher au ministre, si ce n’est quelques légèretés et un ensemble de faits intervenus à des moments clefs de son ascension politique, pouvant laisser penser que tout cela n’est peut-être pas le fruit du hasard ! Est-ce suffisant ? Ainsi, le prétendu conflit d’intérêt entre l’emploi de son épouse chez Mme Bettencourt et sa fonction de ministre du Budget, n’est nullement établi, loin s’en faut.

Si conflit d’intérêt il pouvait y avoir, c’était bien entre sa fonction de ministre du Budget et celle de trésorier du principal parti de la majorité. Cela durait pourtant depuis 2007 sans que grand monde ne s’en soit ému. A croire, qu’en 2010 s’en était trop pour certains. La démission, bien que tardive de ce poste, était effectivement la seule alternative, mais cela ne semble pas suffisant pour certains. Pour ce qui est des prétendues faveurs fiscales qui auraient été consenties par M. Woerth à Mme Bettencourt, lorsqu’il était ministre du Budget, les faits démontrent clairement qu’il n’en est rien comme à pu le confirmer l’inspection générale des Finances. Concernant les autres allégations, les preuves d’un réel conflit d’intérêt n’ont jamais été apportées.

Bien sûr, on peut s’étonner des conditions d’attribution de la Légion d’honneur au gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt, quelques temps seulement après l’embauche de Mme Woerth par ce dernier. Cela suffit-il à établir qu’il y a eu conflit d’intérêt ? Par delà le cas présent, se pose clairement la question de l’attribution des décorations si recherchées par nos concitoyens et qui ne reposent que rarement sur les qualités réelles de la personne et les services rendus à la société. Il y aurait beaucoup à dire mais le sujet ne paraît cependant pas d’actualité.

Au cas particulier, il semble que M. Woerth ait personnellement formulé la demande de distinction auprès du ministère de l’Intérieur en charge de son attribution. Si cela devait se confirmer, ce serait plus gênant pour M. Woerth, qui a toujours affirmé qu’il n’était pas intervenu dans le processus d’attribution de la Légion d’honneur à M. De Maistre. Si cela est avéré, la preuve sera apportée qu’il n’a pas dit la vérité sur ce point. Il risque alors de devoir en payer le prix fort.

En pleine négociation sur la réforme du régime des retraites, le ministre peut-il continuer à exercer ses fonctions avec la sérénité et l’assurance nécessaires ?