Cyberguerre : les nouvelles armes de destructions massives ? (1)

Ces derniers mois, à l’instar du très sérieux magazine économique britannique « The Economist », dans le monde entier de nombreux journaux, revues, livres ou reportages TV consacrent une large place à ce que l’on appelle la « Cyber guerre », preuve qu’il ne s’agit plus de faits marginaux et ponctuels, mais bel et bien d’opérations de mieux en mieux organisées, souvent initiées directement par certains Etats eux-mêmes à des fins politiques ou militaires.

De quoi s’agit-il ? La toile Internet a connu un développement considérable au cours de la décennie 2000, au point qu’au jour d’aujourd’hui, la quasi-totalité des systèmes informatiques des entreprises de la planète, y compris les organisations gouvernementales, est reliée directement au réseau internet. Qu’il s’agisse des administrations, de l’armée, des services de distribution de l’énergie, des réseaux de transport et de télécommunications… , le réseau Internet est devenu incontournable et indispensable au bon fonctionnement des Etats et des économies en général. Cette situation n’a échappé à personne et surtout pas aux espions et aux criminels.

Les premières alertes importantes remontent à l’année 2003 où plusieurs institutions et entreprises américaines, dont la NASA et le constructeur de matériel militaire Lockheed Martin avaient été victimes d’attaques informatiques coordonnées, émanent de pirates chinois et russes. En 2007, lorsque l’Estonie décide d’éliminer de son sol toute trace de la présence russe, un ensemble d’attaques a visé les principaux sites publics estoniens : Parlement, gouvernement, banques, journaux. Il apparaît aujourd’hui que des hackers russes, probablement au service du Kremlin, étaient responsables de cette attaque massive et ciblée. Plus récemment, c’est le réseau de cyber espionnage chinois Ghostnet qui a été identifié. Celui-ci aurait permis d’infiltrer de nombreuses organisations gouvernementales occidentales et ordinateurs personnels d’opposants.

Plus récemment, fin de septembre 2010,  un ver informatique agressif, dénommé Stuxnet aurait affecté gravement divers sites industriels iraniens et peut-être atteint la centrale nucléaire de Bouchehr, récemment mise en service avec l’aide de la Russie. Ce ver complexe serait capable de prendre le contrôle des systèmes informatiques en charge de la surveillance des installations industrielles. Stuxnet exploiterait notamment les différentes failles de sécurité du système d’exploitation Windows pour se reproduire et se transformer. Il aurait pu être introduit via  Internet ou de simples clés USB contaminées. Bien que cela ait été démenti, ce ver ciblerait principalement un logiciel conçu par Siemens pour contrôler et sécuriser les centrales.

D’après les spécialistes, ce ver sophistiqué n’aurait pu être mis au point et inoculé que par un groupe organisé, maitrisant parfaitement ce genre de virus informatique et disposant de moyens financiers et humains importants. De là à penser qu’il s’agit d’une réaction de pays occidentaux pour contrer la politique poursuivie par l’Iran, tant au regard de la prolifération nucléaire que des atteintes aux droits de l’homme (on sait que la dictature islamique bloque la plupart des sites internet de l’opposition iranienne  et surveille étroitement les échanges de données pour empêcher l’organisation d’action de protestation), certains n’hésitent pas à franchir le pas.

Une chose est certaine, le monde est entré dans l’ère de la cyber-guerre.

Prochainement : Les risques liés à la cyber guerre – Comment se protéger

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