Rodez : l’urgence d’adapter le centre-ville à l’ouverture du musée Soulages

La ville d’Albi a été reconnue par l’Unesco au cours de l’été 2010,  d’abord en raison de son passé et de la richesse de son patrimoine architectural. Mais aussi parce que la municipalité a porté ces dernières années un véritable projet de mise en valeur de la ville. Elle a su l’aménager patiemment, y compris contre l’avis de ses habitants, pour la rendre plus agréable à vivre, en privilégiant les espaces piétons et paysagers et en mettant en valeur son patrimoine exceptionnel. Ville touristique par nature, relativement fréquentée par de nombreux étrangers en raison justement de la qualité de son patrimoine, la candidature de la ville au patrimoine mondial de l’Unesco se justifiait pleinement au vu des critères actuels. L’obtention de cette distinction n’est pour Albi que la cerise sur le gâteau qui vient conforter l’édifice patiemment construit au fil des années.

A quelques semaines de la distinction accordée à Albi, la décision soudaine du maire de Rodez d’envisager la candidature de la ville à l’Unesco prête à sourire dans toute la ville et alentours. Pourquoi tant d’empressement ? Pour qui connaît les critères exigés et les rares villes françaises élues, telles Carcassonne et Albi au plan régional, est-il crédible et raisonnable d’engager la ville de Rodez dans cette démarche qui n’a, au jour d’aujourd’hui, que très peu de chance d’aboutir un jour  ? Plutôt que de vouloir copier la ville concurrente voisine, la crédibilité de municipalité aurait gagné à attendre le temps nécessaire à une étude plus approfondie sur le sujet.

Affirmer que la candidature de Rodez serait une opportunité pour faire bouger la ville, c’est faire preuve d’une grande naïveté et quelque part, tromper la population. Une fois de plus, probablement à court d’idées, le maire a cédé aux sirènes médiatiques de ce mois d’août un peu calme, pour occuper le terrain. Encore de la fumée et pas grand-chose derrière disent certains. Est-ce ainsi que l’on entend rendre la ville plus attractive, après 30 mois d’immobilisme ? Plutôt que de se disperser et de brasser du vent à tour de bras, la municipalité gagnerait en crédibilité et en cohérence à travailler à un dossier très concret, d’actualité et essentiel pour le devenir de la ville et de son agglomération : la réussite du musée Soulages. Ce serait déjà beaucoup.

Force est de constater que depuis plus de deux ans, le centre-ville de Rodez est laissé à l’abandon, à l’image des dossiers en suspens : « Cité, cœur de ville » et « place Foch » qui faisaient pourtant une large place aux aménagements piétons et paysagers de nature à rendre la ville plus agréable et attractive pour les visiteurs. Nombre de touristes de passage à Rodez cet été n’ont pas manqué de constater que le centre-ville était plus que jamais envahi par les voitures et qu’il laissait peu de place aux piétons et aux terrasses, sans parler de la propreté qui n’était pas au rendez-vous. On aimerait que cela change rapidement. Le bitume ne règle rien, bien au contraire.

Plutôt que de s’engager dans une démarche plus qu’incertaine, les ruthénois préféreraient que soient privilégiés les aménagements qui améliorent leur cadre de vie et rendent leur ville plus attractive et agréable à vivre. La réalisation du musée Soulages, dont on attend toujours le démarrage, ne sera une réussite que si le centre-ville  est aménagé en conséquence et permet d’attirer celles et ceux qui viendront le visiter, et mieux, de les conserver un jour ou deux sur place. C’est une chance pour le développement de l’économie que Rodez ne doit pas rater. Pour ce faire, la municipalité doit agir d’urgence sans attendre l’ouverture du musée. Elle sera jugée sur sa capacité à gérer ce dossier, l’un des plus importants que la ville ait mené jusqu’ici.

Avec le musée Soulages, on ne peut que regretter que la municipalité ne soit pas en mesure de mobiliser les ruthénois autour d’un grand projet structurant et cohérent pour la ville. L’important pour les ruthénois, ce ne sont pas les rapports de forces politiques locaux mais bel et bien l’existence d’un projet qui permettra à la ville d’assurer son développement futur.

Gouverner c’est préparer l’avenir et non se disperser au gré des vents. Une ville comme Rodez ne peut se piloter à vue, au jour le jour. A bientôt mi-mandat municipal, les ruthénois aimeraient être assurés qu’il y a bien un pilote dans l’avion municipal…

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