France : après une nouvelle grève contre la réforme des retraites, l’heure de l’action

Le projet de réforme du régime de retraites soutenu par le gouvernement était en discussion ce mardi 7 septembre à l’Assemblée nationale. Comme d’habitude, cette importante réforme devenue nécessaire pour pérenniser les régimes de retraites, était accompagnée d’une journée de grève nationale avec ses habituelles manifestations. Par delà la réalité des chiffres, probablement bien inférieurs à ceux annoncés par les organisations syndicales, la mobilisation était néanmoins forte et sensiblement supérieure aux précédentes. Pour autant, ces chiffres de manifestants doivent être relativisés car ils représentent globalement moins de 5% de la population et de 15% des actifs.

Face à un président de la République largement élu par 52% des français dont le gouvernement met en œuvre sa politique, quelle peut-être la légitimité de tels mouvements soutenus par les forces politiques de l’opposition ? Doit-on accepter que moins de 5% des français, appuyés par des syndicats à la recherche de représentativité et de rapports de force, bloquent une réforme indispensable pour préserver les retraites de tous ? Pourquoi les syndicats français sont-ils restés à ce point politisés et peu ouverts au dialogue et aux réformes, contrairement aux pays de l’Europe du nord ? Pourquoi s’opposer au rallongement de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans alors que l’âge en vigueur est souvent bien au-delà (65 ans et +) dans la plupart des pays européens, notamment en raison de l’allongement de la durée de vie ?

Et maintenant, on fait quoi ? Est-on plus avancé ? Que vont y gagner les français ? On peut craindre le pire pour les retraites futures, à moins que le gouvernement n’ait finalement le courage et la sagesse de persister dans sa réforme, tout en acceptant un certain nombre d’améliorations, notamment pour les « carrières longues », les femmes et les métiers les plus pénibles. Il y a urgence à débloquer la situation et aller de l’avant sur ce dossier, comme dans d’autres.

A défaut, de grés ou de force, la France risque de devoir payer le prix fort et ne pourra durablement s’épargner des mesures de rigueur de très grande ampleur afin de réduire une bonne fois pour toutes ses déficits et contenir sa dette publique qui devient abyssale et insupportable (plus de 80% du PIB). Les français doivent comprendre que l’extrême précarité des finances publiques et la fragilité de la reprise économique nécessitent des ajustements et, qu’à défaut, la situation peut rapidement dégénérer à la manière grecque. Ce qui serait catastrophique pour la partie de la population la plus fragilisée et pour les générations futures qui devront payer nos dettes. Ce scénario ne peut être exclu notamment si la note AAA, attribuée à la dette souveraine française par les agences de notation, se trouvait dégradée du fait de l’échec de la réforme des retraites.

La voie est étroite et chacun de leur côté, gouvernement et syndicats doivent faire preuve de la plus grande responsabilité pour trouver un compromis acceptable pour toutes. A suivre !

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