Rodez : quand le maire rêve à l’inscription de la ville au patrimoine mondial de l’Unesco…

En cette fin de mois d’août 2010, dans une déclaration à un quotidien régional, le maire de Rodez déclare envisager de demander l’inscription de la ville au patrimoine mondial de l’Unesco. Voilà une nouvelle qui n’a pas manqué d’interpeller les ruthénois.

A bientôt mi-mandat municipal, alors qu’à ce jour les ruthénois n’ont encore rien vu venir et ont, à juste titre, l’impression que la municipalité et son maire sont en panne, cette déclaration n’a pas manqué de faire sourire. Une fois encore, la technique de l’enfumage chère à M. Teyssedre est à l’œuvre. C’est vrai qu’on l’avait peu entendu parler ces dernières semaines et que certaines manifestations de l’été, ne semblent pas avoir convaincu les ruthénois.

Ainsi l’étape du Tour de France 2010, au départ de Rodez, n’a pas apporté les espoirs attendus, loin s’en faut, tant en termes de retombées médiatiques qu’économiques en général. Outre le coût élevé d’une telle manifestation, il semble que la municipalité n’ait pas su convaincre les dirigeants de l’épreuve de faire de Rodez une ville étape très prochainement. Alors que l’on nous l’annonçait comme acquise pour 2011 ou 2012 il y peu, voilà qu’on ne parle plus que de 2014 ou 2015… Lorsqu’on a un maire qui prétend connaître à ce point le cyclisme, on s’attendait à mieux ! On a aussi attendu la venue du président Barack Obama invité par le maire pour cette étape. En vain !

Revenons à cette idée pour le moins saugrenue du maire de Rodez de postuler pour l’inscription de la ville au patrimoine mondial de l’Unesco.

Probablement à court d’inspiration pour sa ville (les ruthénois attendent toujours de voir les choses bouger à Rodez), il semble que M. Teyssedre, en découvrant voici quelques semaines que la ville voisine d’Albi avait été inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, ait soudainement eu une idée lumineuse : et pourquoi pas Rodez ? Il est vrai que les retombées touristiques attendues sont loin d’être négligeables, mais est-ce suffisant ?

Pour qui connaît un peu Albi, il n’y a hélas pas de comparaison avec Rodez. D’une part, le patrimoine bâti ancien de la ville est important et assez exceptionnel, à l’instar de la cathédrale Saint Cécile qui est unique par son architecture, ses matériaux et sa décoration intérieure et, d’autre part, la ville grâce à d’importants travaux de rénovation et d’embellissement (aménagement de larges espaces piétons en centre-ville, mise en valeur le patrimoine, centre commerçant et très agréable…), a su se doter d’une centre-ville très attractif. Ainsi, les sites de la cathédrale et du palais de la Berbie  sont merveilleusement mis en évidence par les berges du Tarn, superbement aménagées et son vieux pont. C’est cet ensemble harmonieux d’architectures typiques de cette fin de Moyen-âge qui a permis à Albi de l’emporter. Ce projet a été brillamment et patiemment mis en œuvre et soutenu par Philippe Bonnecarrère, le maire d’Albi. Un travail de visionnaire et de longue halène qui n’est évidement pas à la portée de tous.

Si Rodez dispose d’un patrimoine certes intéressant, la cathédrale n’a rien de comparable avec celle d’Albi, même si son clocher est unique au sud de la France. A la seule vue des rares villes inscrites au patrimoine de l’Unesco, telles Carcassonne et maintenant Albi, on peut affirmer qu’en l’état actuel des critères, la ville de Rodez n’a aucune chance d’être inscrite un jour même lointain, sauf modification des critères. D’autant plus que la ville n’a hélas guère de charme au jour d’aujourd’hui : entièrement livrée aux voitures, des espaces réellement piétons de plus en plus réduits, un embellissement qui laisse grandement à désirer et un manque de propreté qui surprend les visiteurs. Ne serait-il pas souhaitable de commencer par le début, c’est-à-dire d’embellir la ville, de mettre son patrimoine en exergue, de la rendre agréable à vivre en excluant les voitures du centre et en veillant à sa propreté, avant d’envisager de postuler à l’Unesco ?

Pourquoi décider, sur un coup de tête, de se lancer dans une opération qui n’a quasiment aucune chance d’aboutir ? Pourquoi, sans aucune étude interne et consultation préalable des professionnels, décider un beau matin de faire appel à un architecte sur le sujet  et engager ainsi des dépenses  qui ne serviront à rien ?

Alors que la municipalité n’a aucun projet sérieux et structurant pour la ville et s’avère incapable de mener à leur terme ceux de l’équipe précédente, n’y a-t-il pas mieux à faire ? Si Rodez était devenue cette dernière décennie concurrente directe d’Albi, au train où vont les choses à la mairie de Rodez et à l’agglomération, Albi risque de nous supplanter  irrémédiablement et durablement. Il est vrai que Philippe Bonnecarrère, maire d’Albi, porte un véritable projet de développement à long terme pour sa ville et qu’au fil des ans, les dossiers avancent et viennent consolider l’ensemble. Comment ne pas envier Albi et ses élus !

Plutôt que de vouloir copier Albi, la municipalité de Rodez serait mieux inspirée de se bouger, sous peine de voir s’enclencher un processus de déclin irréversible. Allez, M. Teyssedre, un peu moins de polémiques et de fumée et un peu plus d’engagement et de vision pour l’avenir de la ville.  Il reste à peine plus de 3 ans pour convaincre !

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2 Responses to Rodez : quand le maire rêve à l’inscription de la ville au patrimoine mondial de l’Unesco…

  1. eltrabuco dit :

    l’opposition systématique n’honore pas la démocratie!!! si vous étiez un peu moins de mauvaise foi vous pourriez convenir que c’est justement la décision de candidater à l’Unesco prise par le maire d’albi en 1997 qui a permis de fédérer l’ensemble de la ville pour en arriver à un aménagement tel que nous le connaissons aujourd’hui!!! Pourquoi ne vous posez vous pas la question sur le fait que Marc Censi pourtant bien placé à son époque n’a pas enclenché cette dynamique?? Le résultat déplorable de la sauvegarde du patrimoine de la ville est le résultat flagrant de ce manque d’engagement pour sa ville.
    La candidature à l’Unseco est une opportunité pour Rodez et seuls les aveugles ou les aigris ne s’en rendent pas compte.
    Continuez ainsi et l’opposition de droite à Rodez a encore de beaux jours de placard!!!!

    • Rodez News dit :

      Manifestement, la municipalité de Rodez a beaucoup de mal à accepter les critiques à l’endroit de sa politique, si tant est qu’il y en ait une.

      Parler d’opposition systématique s’agissant des critiques formulées par un ruthénois, au demeurant non élu, qui ose s’inquiéter de l’avenir de sa ville paraît pour le moins surprenant. Prétendre que ces prises de position n’honorent pas la démocratie paraît tout aussi abusif alors même que la municipalité actuelle dispose d’une très large majorité, que l’opposition municipale est quasi inexistante et que la presse locale lui est très largement acquise et n’a de cesse de lui ouvrir ses pages sur le moindre sujet, fut-il sans intérêt.

      Curieuse conception de la liberté d’expression et de la démocratie que de considérer qu’en l’espèce, les quelques critiques envers le projet du maire de postuler au patrimoine mondial de l’Unesco, seraient de nature à porter atteinte à la démocratie.

      Loin d’être de mauvaise foi, l’article publié se fonde sur des faits précis et une argumentation étayée, au demeurant partagée par de nombreux ruthénois. La démocratie, jusqu’à preuve du contraire, c’est aussi la liberté de pouvoir critiquer les élus quels qu’ils soient et de les interpeller, au besoin. De tels propos traduisent une forme de sectarisme propre à l’actuelle municipalité qui accepte mal la contradiction et plus généralement toute forme d’opposition. Il suffit de voir la tenue des conseils municipaux. Bien curieuse conception de la démocratie locale !

      Si la ville d’Albi a été reconnue par l’Unesco, c’est d’abord en raison de son passé même et de la richesse de son patrimoine architectural. C’est aussi parce que la municipalité a porté ces dernières années un véritable projet de mise en valeur de la ville. Elle a su l’aménager patiemment, y compris contre l’avis de ses habitants, pour la rendre plus agréable à vivre, en privilégiant les espaces piétons et paysagers et en mettant en valeur son patrimoine exceptionnel. Ville touristique par nature, relativement fréquentée par de nombreux étrangers en raison justement de la qualité de son patrimoine, la candidature de la ville au patrimoine mondial de l’Unesco se justifiait pleinement au vu des critères actuels. L’obtention de cette distinction n’est pour Albi que la cerise sur le gâteau qui vient conforter l’édifice patiemment construit au fil des années.

      Plutôt que de vouloir copier la ville concurrente voisine, la crédibilité de la municipalité aurait gagné à attendre le temps nécessaire à une étude plus approfondie sur le sujet. Affirmer que la candidature de Rodez serait une opportunité pour faire bouger la ville, c’est faire preuve d’une grande naïveté et, quelque part, tromper la population. On est en droit de se demander si certains ruthénois, manifestement peu habitués à quitter le piton, ne devraient pas prendre leur valise et aller découvrir les réalités du monde d’aujourd’hui avant de prendre certaines décisions pour le moins déconnectées.
      Ils verraient probablement que les aveugles et autres aigris ne sont peut-être pas ceux auxquels on pense…

      Plutôt que de s’engager dans une démarche plus qu’incertaine, les ruthénois préféreraient que soient privilégiés les aménagements qui améliorent leur cadre de vie et rendent leur ville plus attractive et agréable à vivre. La réalisation du musée Soulages, dont on attend toujours le démarrage, ne sera une réussite que si le centre-ville est aménagé en conséquence et permet d’attirer celles et ceux qui viendront le visiter, et mieux, de les conserver un jour ou deux sur place. C’est une chance pour le développement de l’économie touristique que Rodez ne doit pas rater. Pour ce faire, la municipalité doit agir d’urgence sans attendre l’ouverture du musée. Elle sera jugée sur sa capacité à gérer ce dossier, l’un des plus importants que la ville ait mené jusqu’ici.

      En dépit de l’état de délabrement de la droite à Rodez, on ne peut que regretter que la municipalité socialiste ne profite pas de l’aubaine pour mobiliser les ruthénois autour d’un grand projet structurant et cohérent pour la ville et ses musées. L’important pour les ruthénois, ce ne sont pas les rapports de forces politiques mais bel et bien l’existence d’un projet qui permettra à la ville et à l’agglomération d’assurer leur développement futur.

      Gouverner c’est préparer l’avenir et non se disperser au gré des vents. Une ville comme Rodez ne peut se piloter à vue, au jour le jour. A bientôt mi-mandat municipal, les ruthénois aimeraient être assurés qu’il y a bien un pilote dans l’avion municipal…

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