Climat : l’état d’alerte planétaire… en attendant l’état d’urgence ?

Quel que soit l’hémisphère, l’été 2010 aura marqué un cap jamais atteint jusqu’alors sur la planète Terre.

Par delà la sensation d’un été pourri et plutôt froid en Europe, jamais le climat n’avait présenté des signes aussi inquiétants : orages violents suivis de fortes pluies pendant plusieurs semaines, générant d’importantes inondations au Pakistan, en Inde et en Chine notamment – températures extrêmes en Australie, Europe orientale et Russie (températures de plus de 40° pendant plus d’un mois) entraînant des feux de forêts très importants – forte accélération de la fonte des glaciers de l’Arctique à l’instar du détachement d’un partie du glacier Petermann – sécheresse accentuée dans de nombreux pays du sud et diminution dramatique des réserves d’eau…

La liste est hélas longue et concordante. Depuis plusieurs siècles, jamais notre planète n’avait connu de phénomènes météorologiques avec extrêmes et rapprochés. Point n’est besoin d’être un scientifique de haut niveau pour relever ses changements visible à l’œil nu. Ce qui frappe et interpelle, en cet été 2010, c’est l’amplification soudaine et concomitance de phénomènes habituellement rares, très étalés dans le temps et répartis sur toute la planète.

L’été 2010 vient une fois encore de confirmer l’ampleur du changement climatique en cours et, probablement, devrait marquer une nouvelle étape dans l’accélération du processus de rechauffement. Partout sur la planète, les personnes les plus âgées sont unanimes. Quelle que soit leur localisation aux quatre coins du monde, jamais elles n’avaient constaté un tel bouleversement et des changements aussi brutaux du climat. Ces phénomènes climatiques sont d’ailleurs en tous points conformes aux modèles prévus par le consensus des climatologues depuis une décennie. 

Le verdict est clair et net et ne souffre d’aucune discussion : le changement climatique est bel et bien engagé, même si sa vitesse et son évolution nous sont aujourd’hui inconnus.

Après l’échec de la conférence de Copenhague au printemps 2010, le temps ne serait-il pas venu pour la communauté internationale et l’Europe en particulier, de prendre enfin les choses au sérieux et décider de la mise en place de mesures énergiques et radicales visant à limiter l’accélération du réchauffement, à défaut de pouvoir aujourd’hui l’interrompre. Dans ce contexte, évoquer la seule croissance pour développer nos économies est-ce bien raisonnable ?

Le temps est venu de développer une agriculture, des industries et des services propres et de mettre en pratique le développement durable. Pour ce faire, point de salut sans une pénalisation lourde les énergies fossiles sous toutes leurs formes et une politique largement tournée vers les énergies renouvelables, durables et non polluantes. Il n’est plus que temps de prendre conscience de l’urgence de la situation climatique. A défaut de changer durablement nos habitudes de consommation, c’est l’avenir de la planète toute entière et des générations futures que nous compromettons. L’alerte a sonné et le temps de l’action est venu.

Aprés l’échec  de Copenhague, souhaitons que la conférence de Cancun du 27 novembre au 10 décembre 2010 ouvre enfin les yeux aux gouvernements et permette de mettre en œuvre les mesures d’urgence indispensables.

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