France : plus de répression pour faire baisser le nombre de tués sur les routes

A l’heure des grands chassés-croisés des automobilistes, comment ne pas rappeler le trop grand nombre de victimes de la route en France (tués ou gravement handicapées) qui font que notre pays conserve toujours un triste record : un niveau parmi les plus élevés d’accidents de la route des pays développés.

Au cours de l’année 2009, les accidents de la route, pour la première fois en prés de 8 ans, n’ont pas connu la baisse à laquelle on s’était habitué, mais une stabilité du nombre de victimes. Ce résultat doit être regardé comme un échec au vu de ceux obtenus ces dernières années qui marquaient annuellement une nette amélioration. Il est indiscutablement la conséquence directe d’une moindre mobilisation et détermination des Pouvoirs-Publics à s’attaquer durablement à ce fléau qui ne doit pourtant rien à la fatalité.

Selon le récent rapport annuel de la Sécurité Routière relatif à l’année 2009, le nombre de tués sur les routes de France est resté stable à 4 262. Mais c’est encore trop de personnes qui ont perdu la vie à la suite d’un accident de la route (12 tués par jour en moyenne), contre 4 275 tués en 2008. Même si le nombre d’accidents corporels (68 512) baisse de 8% et le nombre de blessés de 10.50% (83 911, dont 4 000 gravement atteints), les chiffres 2009 marquent un inquiétant coup d’arrêt après une diminution de l’ordre de 50 % du nombre de personnes tuées entre 2001 et 2008.

A titre de comparaison, la France compte encore 50 à 60 % de tués en plus que la Suède ou la Grande-Bretagne… les pays qui obtiennent les meilleurs résultats dans la lutte contre l’insécurité routière. Le chemin est encore long pour la France mais le cap pris ces dernières années est le bon et doit être maintenu à tout prix, y compris contre l’avis des automobilistes. Espérons que l’année 2010, comme semble l’indiquer les résultats provisoires, manquera une rupture et une baisse importante du nombre de tués, permettant ainsi de passer sous la barre de 4 000.

Les opérations de sensibilisation demeurant inefficaces sur la plupart des automobilistes, il n’y a pas d’autre alternative que la répression sous toutes ses formes, y compris à l’encontre des motos et deux roues qui connaissent une accidentologie très supérieure (contrôles renforcés contre les excès de vitesse, l’alcoolémie, l’usage de la drogue ou de médicaments au volant, contrôle rigoureux de l’état de véhicules, port de la ceinture de sécurité…). Après une année de relâchement en 2009, l’Etat dont c’est la pleine et entière responsabilité, semble avoir pris conscience des risques de dérapage et affiche clairement et fermement sa volonté de poursuivre la lutte contre l’insécurité routière.

A cet égard, la généralisation des radars automatiques en France a constitué une étape majeure du dispositif de sécurité routière. La vitesse excessive étant le premier facteur de risque, il est indispensable de renforcer les contrôles partout et d’augmenter l’implantation de radars fixes afin que tous les automobilistes comprennent enfin, de gré ou de force, que la vitesse doit être respectée scrupuleusement partout, et pas uniquement à proximité des radars ou lorsqu’un policier ou un gendarme apparait à l’horizon. Même si certains automobilistes ont semble-t-il du mal à le comprendre (surtout chez les hommes, en général), il est utile de rappeler que les limitations de vitesse s’appliquent partout, en fonction de la signalisation en vigueur et des circonstances. La vitesse réglementaire ce n’est pas 1, 2, 3, 5 ou 10 km/heure au dessus de la vitesse limite, mais au maximum la vitesse autorisée, ni plus ni moins.

L’installation de radars plus modernes et performants et surtout une moindre signalisation de ces derniers (éloignement de plus d’un km des panneaux annonçant un radar fixe, suppression progressive de l’indication de la vitesse réglementaire…) vont dans le bon sens. Il faut en effet habituer les français à respecter les limitations de vitesse partout. Ce n’est qu’en mettant la pression sur les automobilistes et en faisant payer ceux qui contreviennent à la réglementation (le porte-monnaie est le seul moyen efficace d’infléchir le comportement irresponsable de l’automobiliste moyen). Les sanctions, y compris en présence de faibles écarts de vitesse, sont de nature à permettre à la grande majorité des conducteurs de comprendre que les vitesses limites sont faites pour être respectées à la lettre en permanence, et non de temps à autres.

L’objectif pour la France c’est d’atteindre au plus vite moins de 3 000 tués sur les routes contre 4 300 aujourd’hui. N’en déplaise à certains, la répression est le prix à payer pour préserver la vie d’innocents. Après tout, c’est si peu pour de nombreuses vies, souvent innocentes, durablement préservées. Egaler les pays du nord de l’Europe et passer sous la barre fatidique des 3 000 tués par an sur les routes françaises est aussi un beau challenge à relever, tout en démontrant que nous appartenons à un pays développé et civilisé !

Pour en savoir plus :

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