Europe : nécessité d’un véritable gouvernement économique dans la zone euro

Après l’annonce du plan de soutien à l’euro, annoncé le 10 mai 2010 de 750 milliards d’euros, on pouvait légitimement penser que la crise au sein de la zone euro allait prendre fin, au moins pour quelques mois. Passée la première journée d’euphorie, les marchés ont vite déchanté et l’euro à repris sa chute en atteignant 1.22 pour un dollar le 18 mai.

Les raisons en sont que les marchés n’ont qu’une confiance limitée dans la capacité de certains Etats comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne à réduire rapidement leurs déficits et leur dette, alors que la croissance est proche de 0. D’autre part, les récents propos d’Axel Weber, président de la Bundesbank et candidat à la succession de M. Trichet à la tête de la BCE, laissant entendre que les chances de la Grèce d’éviter la faillite étaient faibles, n’ont pas rassuré les intervenants. De son côté, Paul Volker, ancien patron de la FED (Réserve fédérale américaine) et conseiller économique d’Obama, aurait tenu des propos très pessimistes sur l’avenir de l’euro. Tout cela n’a pu que nourrir les craintes des marchés. Peut-on les en blâmer ?

De plus, l’économie de la zone euro ne peut durablement fonctionner que si l’ensemble des pays qui la compose mènent des politiques économiques et budgétaires convergentes, proches dans leurs grandes lignes. D’où la nécessité d’une véritable gouvernance économique européenne et une évolution institutionnelle vers un fédéralisme et une réduction sensible de l’indépendance des Etats de la zone euro. Enfin, il n’a pas échappé aux marchés que depuis plusieurs années, on assiste à une dérive budgétaire constante entre les pays du nord de l’Europe et ceux du sud, aggravée par une croissance en berne ces dernières années. Ce manque de rigueur des pays du sud, parmi lesquels la France, ne peut durer sans mettre en péril l’ensemble de la zone euro.

ll y a donc urgence à revenir progressivement aux critères de convergence assignés aux pays de la zone euro lors de sa création (traité de Maastricht). Passé le choc de la crise financière de 2008 qui a mis gravement à mal les finances publiques des Etats les plus fragiles, les pays de la zone euros doivent maintenant se rapprocher des objectifs assignés par le pacte de stabilité et de croissance, soit un déficit maximal inférieur à 3% du PIB et une dette publique inférieure à 60% du PIB. C’est le seul moyen pour la zone euro de retrouver durablement la stabilité et la croissance.

En effet, les experts économiques sont unanimes pour affirmer qu’au-delà d’une dette publique > 90% du PIB, on ne peut espérer une croissance supérieure à 1%. Or de nombreux pays de la zone euro ont déjà dépassé ce seuil de 90% et nombre d’entre eux, dont la France, risquent de l’atteindre dés 2011. Une spirale inquiétante qu’il faut inverser au plus vite.

Avec un taux de croissance inférieur à 2% depuis 2006, la zone euro est condamnée à l’implosion ou au déclin. Pour y remédier, il n’est que temps de s’attaquer une bonne fois pour toute à la réduction de la dette publique. Cela passe par une maitrise des dépenses publiques et notamment une réduction sensible des dépenses et des coûts structurels, une augmentation des impôts notamment pour les plus aisés, une taxation des revenus de l’épargne, un gel des salaires de la fonction publique et une modération des subventions et autres aides publiques.

Mais attention, la difficulté consiste à trouver un juste équilibre entre réduction des dépenses et augmentation des impôts pour ne pas pénaliser la consommation et la croissance. Cela implique une politique alliant rigueur et souplesse afin de retrouver une croissance proche de 2% au plus tôt. En cela, l’ampleur et la rudesse des mesures de rigueur prises par la Grèce, le Portugal et l’Espagne sont loin d’avoir rassuré les marchés. Car outre les difficultés à tenir de tels engagements, une politique aussi brutale risque en outre de stopper durablement la croissance de ces pays pour des nombreuses années. Sachant que sans croissance, il sera difficile de réduire la dette…

Alors, il n’y a pas de temps à perdre pour adopter rapidement un gouvernement économique dans les pays de la zone euro. La survie de l’Europe est à ce prix. En attendant, la baisse de l’euro devrait soutenir activement les exportations et donc la croissance…

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