Rodez : deux ans aprés son élection, la majorité municipale se fissure…

Depuis son élection en mars 2008, Christian Teyssedre, le nouveau maire de Rodez règne sans partage sur le Conseil municipal de Rodez, à tel point que rares sont celles et ceux qui osaient jusqu’alors prendre la parole en séance publique, y compris dans son propre camp.

Ces longs monologues du maire visant à défendre son piètre bilan à la tête du conseil municipal, à renfort de chiffres fantaisistes, ne manquent pas de surprendre les observateurs attentifs de la vie ruthénoise. Cette autosatisfaction permanente, doublée de la mise en cause incessante des prédécesseurs, à certains égards, n’est pas sans rappeler certaines époques aujourd’hui révolues. Etrange manière de procéder de la part d’un maire nouvellement élu, qui se targuait de vouloir renforcer la vie démocratique municipale et changer la ville pour lui rendre son attractivité.

Les ruthénois de tous bords politiques ne s’y sont pas trompés : depuis 2008, ils reconnaissent volontiers qu’il ne s’est pas encore passé grand-chose et que la ville est aujourd’hui figée, du fait du gel que de certains projets structurants. Cet immobilisme de la municipalité socialiste amène aujourd’hui de nombreux électeurs à s’interroger, y compris dans son propre camp. Ce n’est pas un hasard si des élus de la majorité de gauche, colistiers de M. Teyssedre, commencent à pointer leur nez et à critiquer ouvertement certains aspects de la gestion municipale.

Si certains pensaient que le débat démocratique à Rodez était définitivement verrouillé,  y compris au sein de la majorité municipale, ils devront revoir leur position. Les frustrations et les rancœurs des uns et des autres commencent à peser et incitent certains Verts et autres à s’affranchir de la pression imposée par le maire. Ils acceptent, semble-t-il, de plus en plus mal d’être mis devant le fait accompli sur la plupart des grands dossiers qui engagent durablement l’avenir de la cité, sans qu’ils aient pu faire entendre leur voix.

C’est vrai qu’il faut une certaine dose de courage pour affronter les réactions parfois virulentes du maire, pour contester certains aspect de sa politique, il est vrai souvent en contradiction avec ses engagements, qu’il s’agisse de développement durable, d’aménagements urbains, du plan de circulation, de la MJC et, plus récemment, de la fermeture de l’école François Fabié. Encore une promesse non tenue par Christian Teyssedre, lui qui, durant la dernière campagne électorale, s’était publiquement engagé à maintenir et rénover les trois écoles de quartiers : François Fabié, Calcomier et Saint Félix que l’équipe précédente voulait regrouper sur un seul site prés de Bourran.

Par delà cette décision de fermeture, c’est la méthode utilisée qui est la plus contestable. Outre une forme de méconnaissance du dossier, elle dénote surtout une absence de véritable dialogue et concertation avec les parents d’élèves. Ce qui, de la part d’élus de gauche, est pour le moins surprenant et difficile à comprendre. Cela démontre au besoin qu’on est ici en présence de décisions purement politiques qui ne reposent sur aucune cohérence et vision d’avenir. D’ailleurs, après avoir promis le maintien des écoles en dépit d’une nette baisse de fréquentation de certaines d’entre elles depuis de nombreuses années, le maire de Rodez justifie aujourd’hui la fermeture de l’école François Fabié par cette chute de fréquentation qu’il n’ignorait pas. Dans ce cas, pourquoi s’être engagé à la maintenir si ce n’est à des fins strictement électoralistes ?

Les parents d’élèves de François Fabié auront au moins eu l’occasion d’apprécier l’attitude de M. Teyssedre et de son équipe sur ce dossier. De son côté, Mme Claudine Bonhomme élue municipale, au nom des Verts, n’a pas mâché ses mots lors de son intervention en Conseil municipal le 09 avril 2010. La fermeté de l’interpellation du maire en a surpris plus d’un, à commencer par l’intéressé lui-même. Dans le même registre, on comprend d’autant mieux la position de Mme Chantal Combelles, également élue sur la liste de la majorité municipale, qui a aussitôt annoncé sa décision de démissionner en guise de protestation.

Ce dernier Conseil municipal de Rodez montre au grand jour combien les tensions sont grandes au sein de la majorité municipale de Rodez, notamment en raison de profonds désaccords sur de nombreux sujets et de l’attitude de maire visant à réduire au strict minimum le débat démocratique interne. Nul doute qu’il constituera date dans le mandat de Christian Teyssedre qui a paru quelque peu surpris et ébranlé par la virulence de cette opposition interne. D’ailleurs, une fois de plus, ses propos n’étaient en rien à la hauteur de ce que l’on était en droit d’attendre du premier magistrat de la ville, au vu des argumentés avancés par les parents d’élèves et certains membres du Conseil municipal. Un début de crise au sein de la municipalité de  Rodez ?

Mais au fait, qu’en est-il de l’opposition municipale officielle deux ans après ?

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