Europe : 750 milliards d’euros pour défendre la zone euro

Il était temps ! Après des mois de tergiversations, sous la pression des spéculateurs les pays de la zone euros ont enfin pris l’ampleur de la crise systémique qui les menace aujourd’hui directement. A l’initiative du président français Nicolas Sarkozy et de la chancelière allemande Angela Merkel, d’intenses tractations ont eu lieu cette fin de semaine avec la BCE et la Commission européenne pour mettre sur pied un véritable pacte de solidarité entres les pays de la zone euro.

Ce plan de soutien d’une ampleur jamais atteinte en Europe de 750 milliards d’euros a été dévoilé par les ministres des finances de l’Union Européenne, réunis à Bruxelles ce 10 mai 2010. Plus de 440 milliards d’euros proviennent des pays de la zone euro, sous la forme de garanties de prêts accordés aux pays demandeurs, plus de 60 milliards d’euros de prêts de la Commission européenne aux pays les plus fragilisés et une contribution du Fond Monétaire International (FMI) de 250 milliards d’euros. Ces fonds seront mis à la disposition des 16 Etats de la zone euro sur leur demande. Voilà qui devrait calmer les spéculateurs durablement.

Tel qu’annoncé ce lundi 10 mai, la plan a semblé rassurer les marchés, après une semaine de tourmente qui a vu l’euro tomber à son plus bas niveau face au dollar (1,2523) en 14 mois. En milieu de journée, l’euro a repris des couleurs à 1,3071 dollar, tandis que les indices des bourses européennes étaient en forte hausse: +8,4% à Paris, +4,9% à Londres, +4,3% à Francfort, +10% à Athènes, +9% à Lisbonne.

Le plan d’aide était d’autant mieux accueilli que la Banque centrale européenne (BCE) a décidé d’intervenir pour acheter si nécessaire des obligations souveraines des Etats membres, ce que l’institution de Francfort s’était jusqu’à présent toujours refusé à faire. L’intervention sur les marchés d’obligations a été décidée afin « d’assurer la profondeur et la liquidité dans les segments de marché dysfonctionnels », a indiqué la BCE dans un communiqué.

« Pour la BCE, l’achat d’obligations privées et publiques était probablement la partie de l’accord la plus difficile à accepter », a estimé la banque dans une note. « Cela marque un précédent pour le reste de l’existence de la banque centrale et aura probablement surpris les observateurs les plus aguerris », notent-ils. Selon Marco Annunziata, économiste en chef du groupe Unicredit, ces mesures constituent un « choc » psychologique fort. Cela devrait être, selon lui : « plus que suffisant pour stabiliser les marchés et, à court terme, prévenir la panique et le risque de contagion de la crise grecque ».

Pour être durablement efficace, ce plan qui renforce la solidarité entre les pays de la zone euro devra être suivi d’importants efforts de maitrise des déficits publics, notamment par la baisse des dépenses publiques plutôt que par l’augmentation des impôts et par la mise en place d’une véritable gouvernance économique de la zone euro. Plus que jamais, les politiques suivies par les pays membres devront converger. La Grèce et les autres pays du sud de l’Europe devront rapidement devenir des pays exemplaires.

Pour se désendetter et régler durablement cette crise de la zone euro, ces mêmes pays devront tout mettre en œuvre pour restaurer au plus vite une croissance supérieure à 2% l’an ; ce qui est loin d’être le cas en 2010 pour de nombreux pays souvent proche de 0. Un challenge de plus à relever !

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