Rodez : état des lieux 2 ans après l’arrivée de la gauche à la mairie

Voici maintenant plus de deux ans que la nouvelle municipalité de gauche, conduite par Christian Teyssedre, est aux commandes de la ville de Rodez. Un premier bilan peut d’ores et déjà être tiré, sans crainte d’être démenti : certaines promesses ne sont pas tenues et surtout, aucun projet porteur de développement pour la ville n’a vu le jour. Et ce ne sont pas les allégations fantaisistes et délirantes du maire qui vont y changer quelque chose. Il est aujourd’hui clair que la ville de Rodez est pilotée à vue, au grès des vents et sans véritable cap. Ce qui, il faut bien l’avouer, n’est pas très rassurant s’agissant d’une ville de 26 000 habitants !

N’en déplaise à M. Teyssedre, cette triste réalité est incontournable. Même certains électeurs de gauche le reconnaissent volontiers : la ville est au point mort depuis deux ans. Dans la situation de crise actuelle, il est pour le moins étrange de constater que les investissements indispensables pour améliorer la qualité de la vie, renforcer l’attractivité commerciale et touristique du centre-ville font défaut. Pire, les grands projets d’aménagements du centre ancien, sont toujours bloqués alors qu’ils étaient pourtant prêts à être lancés dés 2008 (Cité cœur de ville, aménagement de la place Foch…).

Heureusement, quelques grands dossiers sont portés par l’agglomération du Grand Rodez.  Ainsi la réhabilitation de l’îlot Combarel, qui a pris beaucoup de retard, devrait prochainement démarrer par la déconstruction de l’ancien hôpital. Du côté du foirail voisin, la construction du palais de congrès est purement et simplement abandonnée alors qu’il était un atout complémentaire, indissociable du musée Soulages. Il est remplacé par une salle des fêtes, entièrement à charge de la ville de Rodez, dont le coût paraît pour le moins élevé. Autres grands chantiers de l’agglomération, le multiplex de cinéma, le parking souterrain, le jardin public et le musée Soulages. Après avoir traîné en longueur depuis 2008, les travaux devraient débuter prochainement.

Au final, à quelques détails près, force est de constater que les seuls véritables projets sur la ville de Rodez qui subsistent et qui devraient démarrer prochainement sont portés par la communauté d’agglomération du Grand Rodez Rodez. M. Teyssedre, maire de Rodez (qui a parfois la fâcheuse tendance à se prendre pour le président de l’agglomération), ne pourra longtemps cacher l’inertie de sa municipalité et son incapacité à porter le moindre dossier structurant, en s’octroyant le mérite d’investissements futurs qui sont portés et mis en œuvre par une collectivité tierce. Merci à l’agglomération du Grand Rodez !

Ce ne sont pas la rénovation d’un stade de quartier, la réfection de quelques bitumes et autres places de parking, sans parler du flop du projet de réaménagement de la place d’Armes qui permettront à la ville de Rodez d’être attractive. Après des décennies de développement, la ville de Rodez semble aujourd’hui figée au moment où d’autres villes voisines, comme Albi, passent à la vitesse supérieure au niveau des aménagements et équipements structurants. Rodez est loin d’être un art de ville où il fait bon vivre. On n’a jamais autant fait pour favoriser la voiture (on parle de fluidifier le trafic), au détriment des voies et des espaces piétonniers et des transports urbains. Manifestement, l’environnement et le développement durable ne sont pas encore dans les priorités de la municipalité. Pourtant, n’y a-t-il pas au sein de cette municipalité des élus « écologistes » ?  Que font-ils ?

Croit-on vraiment que le seul musée Soulages va permettre à Rodez de tirer son épingle du jeu, si autour de ce dernier, la municipalité ruthénoise s’avère incapable d’embellir la ville et de la doter des équipements qui lui font encore défaut afin de pouvoir accueillir et fidéliser une clientèle exigeante ? Il est aujourd’hui permis d’en douter. Les ruthénois ne peuvent que s’interroger sur l’avenir de leur ville, d’autant qu’il n’est un secret pour personne que les graves dissensions au sein de la majorité municipale sont en train d’éclater au grand jour.

Plutôt que de gesticuler à corps et à cri sur la petite scène médiatique locale pour tenter d’enfumer les ruthénois, M. Teyssedre serait mieux inspiré de se concentrer sur les affaires municipales et l’avenir de la ville de Rodez. Ce n’est pas avec un départ, ni même avec une arrivée du Tour de France à Rodez ou le soutien massif à une équipe de football de seconde zone que l’on construit une politique municipale ambitieuse. Gouverner, c’est prévoir, mais c’est aussi se projeter dans l’avenir en portant un projet cohérent pour l’ensemble des habitants de la ville et de l’agglomération.

De la part d’un élu qui se destinait aux plus hautes responsabilités nationales et régionales il y a peu de temps encore, deux ans plus tard, le retour sur terre est brutal. Manifestement, et pas que pour les ruthénois, on est en droit de s’interroger sur les capacités du maire de Rodez  à faire face aux défis actuels. Gesticuler à tout va est une chose, mais écouter, dialoguer, travailler et construire ensemble en est une autre. Cela ne s’invente pas.

A SUIVRE prochainement :

  • Rodez : les promesses non tenues de la municipalité
  • Rodez : la véritable opposition n’est peut-être pas celle que l’on croit
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