France : l’urgence à s’attaquer à la réduction des déficits publics et à la dette (2)

Le pacte de stabilité mis à mal par la crise

Le traité instituant la Communauté européenne prévoit que les Etats membres doivent éviter les « déficits publics excessifs ». Ces derniers sont caractérisés par un déficit public supérieur à 3 % du PIB et une dette

publique supérieure à 60 % du PIB. Le traité institue une simple procédure de surveillance, visant notamment à mettre un terme à une situation de déficit excessif. Il  a été complété par des règlements et une résolution du Conseil de l’Union européenne formant le « pacte de stabilité et de croissance ».

Comme la plupart des pays européens, la rigoureuse Allemagne qui a elle aussi vu ses déficits et sa dette exploser en 2009 en raison de la crise, va même plus loin. Début 2010, elle a toutefois inscrit dans sa constitution que les déficits publics de l’Etat allemand ne pourront dépasser 0.60% du PIB à partir de 2014. Un exemple que d’autres pays ne semble pas encore prêt à suivre, y compris en France.

La capacité de la France à réduire sa dette plus faible que celle des autres pays

La dette publique s’emballe dans beaucoup d’autres pays et celle de la France, à fin 2010, pourrait être voisine de la moyenne des pays comparables (de l’ordre de 80 % du PIB dans la zone euro selon la Commission européenne). L’appréciation des marchés sur la qualité de la signature des Etats dépend non seulement du niveau de la dette publique, mais aussi et surtout, de la capacité des Etats à réduire leur endettement excessif dans le passé.

De nombreux pays ont réduit leur endettement de plus de 15 points de PIB à un moment ou un autre, sur les trois dernières décennies. Ainsi, les Etats-Unis ont réduit leur dette de 17 points de 1993 à 2000 et le Royaume-Uni de 12 points de 1998 à 2001, après 22 points de 1984 à 1990. En dépit de déficits considérables imputables à l’ampleur de la récession, sa dette publique devrait encore être inférieure à celle de la France fin 2010. L’Allemagne, qui avait fortement réduit son déficit structurel avant la crise, maintiendrait aussi sa dette au-dessous de celle de la France fin 2010, malgré l’ampleur de la récession et de son plan de relance.

De son côté, la France n’est parvenue à réduire sa dette que de 6 points de PIB au cours de la période de forte croissance des années 1998 à 2001. Elle s’est engagée à réduire son déficit et son endettement publics conformément au pacte de stabilité et de croissance, mais les moyens mis en oeuvre n’ont jamais été à la hauteur des objectifs affichés et ceux-ci n’ont jamais été atteints. De fait, la situation de la dette en France reste inquiétante et le pays ne pourra faire l’économie d’une véritable politique de rigueur dans les années à venir. Les français devront passer à la caisse sans tarder pour exister et préserver l’essentiel tant qu’il en est encore temps.

En tout état de cause, il faudra également en passer par de profondes réformes structurelles qui seules, permettront de redresser la situation des finances publiques en France. Alors, au travail !

Plus d’infos : rapport 2010 de la Cour des comptes

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