Midi-Pyrénées : le vrai bilan de Martin Malvy aprés 12 ans à la tête de la région

Le premier tour des élections régionales 2010 aura lieu le 14 mars 2010. Petit tour d’horizon de la politique régionale en Midi-Pyrénées. En effet, l’abondante propagande électorale de ces derniers mois de la part de la majorité sortante est loin d’éclairer  les électeurs ; bien au contraire. Quel est le véritable bilan de la gauche, après 12 années de présidence de M. Malvy ?

A entendre ce dernier et ses colistiers, candidats à leur reconduction à la tête de la région, le bilan de Midi-Pyrénées serait excellent et tout irait pour le mieux si le Gouvernement français n’avait de cesse de transférer sournoisement d’incessantes charges financières. Toutes les régions françaises supportant des mêmes contraintes financières, à y regarder de plus prés, le bilan objectif de la gauche en région Midi-Pyrénées, après deux mandats de M. Malvy, est loin d’être aussi flatteur qu’annoncé. Otons un instant les lunettes roses de Malvy !

Au premier regard objectif, on a bien du mal y a déceler le projet régional. Mais y en avait-il un ? Ces 12 années ressemblent davantage à une politique de gribouille, qui part dans tous les sens, sans véritable ligne et cohérence. La région apparaît toujours aussi disparate et éclatée. Elle s’avère incapable de développer des projets et synergies avec les grandes régions voisines : Aquitaine et  Languedoc-Roussillon, d’une part, et Catalogne et Aragon, d’autre part. A l’heure de l’Europe, ce manque d’ouverture et de coopération paraît inquiétant pour l’avenir de Midi-Pyrénées. Il est vrai que M. Malvy, et le parti socialiste en général, sont passés maîtres dans l’art du saupoudrage et plus généralement, du clientélisme, pour masquer l’inaction. Ce qui ne constitue pas une politique régionale.

L’économie de la région repose plus que jamais sur l’agglomération toulousaine et sa mono-industrie : l’aéronautique. Même si, ici et là, divers pôle urbains et industriels secondaires profitent de ce dynamisme, beaucoup d’incertitudes pèsent sur l’avenir de cette industrie et l’importante sous-traitance qui lui est liée. Cette absence de diversification et cette concentration toulousaine constitue un frein à un développement harmonieux de la région Midi-Pyrénées. Celle-ci persiste également à souffrir d’infrastructures très insuffisantes, ne permettant pas un maillage régional efficace et cohérent. En 12 ans, force est de constater que les choses n’ont quasiment pas évolué sous la présidence Malvy.

Le projet de tunnel sous les Pyrénées, permettant de relier Saragosse et Barcelone, paraît aujourd’hui enterré. L’aménagement des liaisons ferroviaires TGV entre Toulouse-Bordeaux et Toulouse-Montpellier, dont la mise en place a été mainte fois repoussée du fait de la région, est toujours dans l’impasse en raison de l’incapacité de la région à définir un tracé. Voilà 12 ans de perdus dont la responsabilité lui incombe totalement. Midi-Pyrénées demeure aujourd’hui l’une des seules grandes régions françaises à ne pas être desservie par le TGV et au rythme actuel, cela risque de durer !

Côté autoroute, c’est pas mieux. Le désenclavement de l’est de la région vers Albi-Rodez et Lyon (A68 – RN88) n’a pas avancé durant ce mandat. Après la mise en service de la déviation de Carmaux, décidée par l’équipe précédente, il a fallu attendre fin 2009 et l’approche des élections régionales pour que la région daigne enfin participer au financement du tronçon reliant le Tarn à Rodez, moyennant il faut le rappeler, une participation conséquente de l’Etat, destinée la modernisation du réseau ferroviaire régional.

Quand aux TER, en dépit de substantiels  investissements, on ne voit toujours pas le bout du tunnel. Ainsi, la liaison Toulouse-Albi-Rodez est de plus en plus saturée et les travaux de doublement de la voie tardent durablement. L’exploitation et le fonctionnement des lignes TER de Midi-Pyrénées est chaotique. De très nombreux problèmes techniques  découragent les usagers d’utiliser le train : retards fréquents et importants, temps de transport toujours aussi élevés (supérieurs à 2 h sur Rodez-Toulouse), des horaires incohérents, des tarifs élevés, des trains dégradés et en mauvais état (sauf peut-être pour Figeac) . Un comble pour la région en charge des transports ferroviaires depuis 2005. A quoi bon de tels investissements sans aucune amélioration sensible des transports ?

Autre aspect négatif, s’il en est, du bilan de M. Malvy à la tête de la région : la forte augmentation des impôts locaux ces dernières années. Ainsi, en 2009, le taux moyen de fiscalité locale en Midi-Pyrénées s’établissait à 4.36%, en augmentation de 30.8% par rapport à 2004, alors que la moyenne française de 2.77% seulement. Plus inquiétant, ce dérapage incontrôlé de la fiscalité régionale ne trouve pas de contrepartie dans une augmentation des dépenses d’investissements en due proportion. Autre indicateur qui démontre l’incapacité de la région à maitriser ses dépenses, les charges de personnels ont pour leur part, augmenté de 322% entre 2004 et 2009 (source Les Echos – L’audit des régions – 09/03/2010).

La région Midi-Pyrénées n’a finalement pas de véritable politique et s’avère peu rigoureuse dans sa gestion, privilégiant les dépenses de fonctionnement et autres saupoudrages aux investissements qui préparent l’avenir. Loin de porter un véritable projet qui permette à notre région de relever les défis de demain, le président sortant et son équipe sont restés passifs et peu en phase avec les réalités de ce monde en mouvement. Il est manifestement plus aisé pour la gauche de cacher son bien piètre bilan aux yeux des électeurs en essayant de politiser ces élections et en laissant croire que le méchant Gouvernement de droite serait à l’origine de ses propres difficultés. Une technique d’enfumage que connaît fort bien le maire socialiste de Rodez, candidat sur cette liste régionale. C’est dire le niveau général !

Dans ces conditions, est-t-il raisonnable de reconduire jusqu’en 2014 à la tête de la région, M. Malvy et ses colistiers, qui se sont avérés incapables de porter et de mettre en oeuvre un projet à la hauteur des ambitions de notre région ? Pourquoi réélire des gens qui n’ont aucune vision pour leur région ? Gageons que les électeurs, au vu du piètre bilan de la gauche en Midi-Pyrénées, auront le courage de sanctionner l’immobilisme de la majorité sortante et de favoriser l’arrivée d’une nouvelle majorité. Il y va de l’intérêt de la région Midi-Pyrénées et de notre propre avenir. Tous aux urnes tant qu’il en est temps les 14 et 21 mars 2010 !

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