France : quand les syndicats préfèrent la grève à la négociation (1)

En ce mois de février 2010, le très influent et représentatif syndicat IG Métal, leader dans le secteur de l’industrie, renonçait non seulement à la grève pour obtenir une hausse des salaires, mais annonçait un accord entre syndicat et patronat, conduisant à un gel pur et simple des salaires pour les salariés pour les années à venir. En contrepartie, les chefs d’entreprises s’engageaient à  ne pas délocaliser certaines productions et à maintenir l’emploi industriel pour les 5 années à venir.

Au cours de ce même mois de février, un autre grand syndicat corporatiste des pilotes de la Lufthansa qui avait annoncé la grève la plus importante depuis de longues années pour s’opposer à la sous-traitance par la compagnie d’un nombre de plus en plus important de vols, a finalement renoncé à cette grève après que les dernières discussions avec les dirigeants aient permis d’apporter des assurances quant au maintien du nombre de pilote au sein de la compagnie Lufthansa.

Ces accords de branche et d’entreprise ont été conclus sans que les pouvoirs publics et autres ministres n’interviennent. Tout cela se passe en Allemagne, un pays hautement industrialisé où les syndicats sont forts et sont passés maitres dans la négociation avec le patronat. Sans doute, plus que tout autre pays, les allemands ont-ils compris que l’on ne peut se développer et prospérer qu’en pratiquant le dialogue et la concertation permanente, surtout lorsque le monde traverse l’une des plus graves crises économiques et financières de son histoire. Ici, comme dans les pays nordiques, les syndicats sont puissants et influents, mais responsables. Tout est dans l’art du compromis, sans que les salariés comme les patrons ne s’en offusquent. C’est gagnant-gagnant pour tous !

En France, nous sommes bien loin de ce schéma consensuel. Ce n’est pas par hasard si notre cher pays est surtout connu à l’étranger pour être celui de la contestation permanente et de la grève systématique.

Là où les puissants syndicats allemands font preuve de pragmatisme et de réalisme, notamment face aux difficultés économiques et budgétaires actuelles, les syndicats français pourtant très peu représentatifs, notamment dans le secteur privé, font de la surenchère permanente. Comme ils sont faibles et peu nombreux, mais très politisés, ils n’hésitent pas à utiliser la force pour bloquer les secteurs stratégiques de l’économie française, pourtant bien mal en point et bloquer ainsi des pans entiers de l’économie.

Principalement implantés dans la fonction publique et les entreprises publiques, la plupart des syndicats français persistent à s’opposer à toute évolution et adaptation du service public qui ne répond aujourd’hui plus à aux préoccupations des administrés. Peu importe que ce soit contreproductif ! Même les combats d’arrière garde ne leur font pas peur dés lors qu’il s’agit de préserver leur petit fond de commerce syndical.

Pour la plupart des syndicats français, le but premier est de maintenir la pression pour mobiliser les adhérents (lutte des classes oblige), même si c’est contraire à l’avenir de l’entreprise et à l’intérêt même de ses salariés.

Prochainement :

  • La grève : l’arme de prédilection des syndicats français
Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :