France : l’inévitable réforme du régime des retraites (1)

1 février 2010

Nicolas Sarkozy a confirmé l’engagement de la réforme du régime des retraites en 2010

Dans le courant d’année 2010, comme l’a récemment confirmé le président de la République, le gouvernement devrait engager la réforme des retraites. Sujet ô combien sensible chez les français réputés très conservateurs s’agissant de leurs petits acquis sociaux. Une large concertation devrait prochainement débuter, tant au niveau politique que social, sur le sujet.

Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, en prévision de cette réforme avait suscité la polémique dans son camp le 17 janvier dernier en déclarant que le départ à la retraite pouvait intervenir à 61 ans, voire 62 ans. Tentative d’ouverture pour se faire pardonner d’avoir soutenu la mise en place des 35 heures tant décriées par beaucoup ou coup politique en vue de s’imposer en tant que challenger de Nicolas Sarkozy pour la future présidentielle ?

Toujours est-il qu’une semaine plus tard, le bureau national du PS a adopté à l’unanimité un texte réaffirmant le « maintien » de l’âge légal du départ à la retraite à 60 ans, « c’est-à-dire la possibilité de faire valoir ses droits, quel que soit le montant de sa retraite« . « C’est le seul droit encore attaché à l’âge légal de départ à la retraite et nous le défendrons« . Une position à laquelle Mme Aubry s’est finalement ralliée pour dissiper tout  malentendu. Pour autant, elle reconnaît que « beaucoup de Français partent à 61 et 62 ans » pour avoir une retraite à taux plein et s’est dite prête à discuter avec le président Nicolas Sarkozy d’une réforme de la retraite.

Si certains s’étaient un peu vite réjouis de cette évolution encourageante des socialistes français, trop souvent enclins à refuser à tout ce qui, de prés ou de loin, pourrait ressembler à une remise en cause de quelques acquis sociaux, ils risquent d’en être pour leurs frais. Manifestement, les gardiens du dogme socialiste, sont toujours aussi influents. Il faudra attendre encore un peu, mais jusqu’à quand ?

Ce nouveau repli du PS tranche singulièrement avec les propos courageux de François Chérèque, patron de la CFDT. Selon lui, tous les sujets doivent être abordés à l’occasion de cette concertation :  l’âge de départ à la retraite,  la pénibilité au travail, en passant par l’emploi des seniors et la durée de cotisation. Il ne désespère d’ailleurs pas de parvenir à un «consensus national» sur ce dossier ultrasensible. «Les éléments de la réforme de 2003 ne sont plus contestés et la France n’a pas besoin d’un conflit sur ce sujet», a-t-il indiqué, jugeant au passage «intéressante» l’évolution du discours de Martine Aubry, qui ne s’est pas déclarée hostile à un report «vers 61 ou 62 ans» de l’âge de départ. «Pourvu que ça dure», s’est-il empressé d’ajouter…

Si la CFDT reste ouverte sur le sujet de l’âge de la retraite, le syndicat estime que celui-ci doit cependant  rester une «référence» pour les salariés ayant commencé à travailler jeunes. «Dire que tout le monde partira à 62 ans enlèverait des éléments de choix», a nuancé François Chérèque. Gageons que ces propos responsables et de bon sens seront entendus par quelques syndicats radicaux de la fonction publique !

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