La Poste : une évolution nécessaire pour subsister face à la concurrence

Après le Sénat, c’est dans la plus grande discrétion que l’Assemblée Nationale a adopté le 22 décembre le projet de loi transformant La Poste en société anonyme à compter du 01/03/2010. La réforme de la Poste devrait être définitivement entérinée courant janvier après l’approbation par la commission mixte paritaire.

Outre le caractère « imprivatisable » de La Poste, la loi a gravé dans le marbre le maintien des 17 000 points de contact de La Poste. Pour maintenir sa mission de service public, La Poste bénéficiera d’une subvention qui sera réévaluée annuellement en fonction du surcoût engendré. Enfin, ses salariés actuels continueront à bénéficier du régime de retraite public spécifique tandis que les futurs embauchés bénéficieront pour leur part d’un régime privé.

On se rappelle qu’en septembre 2009, la grande famille de la gauche et de l’extrême gauche, partis politiques et syndicats confondus, s’est retrouvée pour une offensive médiatique sous le prétexte de défendre le service public de La Poste menacé de privatisation par le gouvernement. A cet effet, elle avait organisé une prétendue « votation citoyenne » sur laquelle il y aurait beaucoup dire. Pourquoi une telle opération médiatico-politicienne, comme la gauche française en a l’habitude, si ce n’est pour cacher son incapacité à mobiliser son électorat et à proposer de véritables alternatives.

Par delà la méthode d’organisation pour le moins contestable et peu démocratique, la question soumise au vote sentait la manipulation : « Etes-vous favorable à la privatisation de La Poste prévue par le gouvernement ?». Outre le fait qu’il s’agissait d’une question fermée n’appelant que la seule réponse attendue par les organisateurs, celle-ci n’avait aucun sens puisqu’elle reposait sur une affirmation totalement fausse selon laquelle le gouvernement préparerait la privatisation de La Poste. Dans ce contexte, quelle valeur accorder à ce type de référendum ? Aucune, très certainement. D’autant que la participation d’à peine de 2 millions de personnes, en une semaine et après maintes relances sur le terrain, reste finalement modeste et non significative.

La transformation du vieux statut actuel de La Poste en société anonyme répond aux réalités économiques et concurrentielles d’aujourd’hui et à une exigence européenne. L’opération n’a rien d’une privatisation dés lors que l’Etat s’est engagé à conserver l’intégralité du capital. L’affirmation selon laquelle ce nouveau statut constitue une privatisation relève, ni plus ni moins, que d’une escroquerie politique ! Preuve que les gauchistes de tous poils sont passés maître dans l’art de la mise en scène et de la manipulation en essayant de faire peur aux électeurs attachés au service public et angoissés à l’idée de voir disparaître certains de leurs services de proximité depuis plus de 30 ans.

En faisant appel aux réflexes de peur du type « désertification des campagnes ou abandon des services publics », les forces de gauche savaient qu’elles ne prenaient pas grand risque de se voir contredites, dans un domaine très sensible dans la France profonde et rurale qui découvre aujourd’hui les effets de la mondialisation. Qui plus est, il y avait là un moyen de faire diversion tout en désignant un seul coupable : la méchante droite qui voudrait une nouvelle fois « casser les services publics » (déjà entendu me semble-t-il) ? C’était aussi et surtout l’occasion de mobiliser les forces de gauche. Un coup double en quelque sorte mais un pari bien risqué sur le dos des travailleurs de ce pays que l’on a tenté de duper une nouvelle fois.

La Poste française, service-public de proximité que personne ne conteste (même si le service est de moins en moins performant), pour ne pas s’être modernisée et adaptée à la concurrence au cours des dernières décennies, se trouve aujourd’hui asphyxiée et au bord du gouffre. Même dans son cœur de métier « le courrier », La Poste n’est plus en mesure d’apporter le service attendu par les usagers. Même s’il ne règle pas tout, loin s’en faut, le changement de statut tant différé par les gouvernements successifs, par manque de courage politique, s’imposait à la France. Le nouveau statut devrait lui donner les moyens de développer son activité dans les meilleures conditions et de faire face à la concurrence. A trop avoir attendu, le prix à payer en termes d’emplois et de modification du statut des petits bureaux de postes risque hélas d’être élevé. C’est hélas le prix à payer pour assurer la survie du service public de La Poste en France.

Le conservatisme et la démagogie des organisations de gauche ont empêché que La Poste évolue et sont en grande partie responsables de la détérioration du service public. Cessons de manipuler les français à des fins bassement politiciennes et sauvons l’essentiel temps qu’il en est encore temps ! Le monde a changé ; la France doit s’adapter. La Poste n’y échappe pas !

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