Copenhague : échec des négociations pour sauver la planète

Quelques jours après l’échec de la conférence sur le climat organisée par l’ONU, beaucoup de délégations et d’ONG présences sont reparties avec la gueule de bois et l’impression d’un considérable gâchis qui risque d’avoir des conséquences lourdes sur l’avenir de notre planète.

Selon l’AFP, la conférence sur le climat de Copenhague a frôlé la catastrophe avant d’accoucher samedi d’un accord aux ambitions limitées pour lutter contre le réchauffement, loin de combler les attentes exprimées par la mobilisation sans précédent qu’elle a suscitée. »Ce n’est peut-être pas tout ce que nous espérions, mais cette décision de la conférence des parties est une étape essentielle », a estimé le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, après deux semaines de tractations chaotiques, un sommet à 130 chefs d’Etat et de gouvernement et une nuit de débats acides.

Un accord non contraignant pour l’avenir

La conférence a pris note de l’accord de Copenhague, adopté vendredi soir par les chefs d’Etat de 28 pays industrialisés et émergents. Une formulation juridiquement et politiquement moins engageante qu’une adoption formelle. L’accord de Copenhague a malgré tout le mérite d’enrôler pour la première fois les deux plus grands pollueurs de la planète, la Chine et les Etats-Unis. Bien que jugé « insuffisant » par MM. Obama et Sarkozy – ce dernier y voyait cependant « le meilleur accord possible » -, le document long de trois pages à peine, fixe comme objectif de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport aux niveaux pré-industriels, sans décliner le mode d’emploi pour y parvenir.

Cet accord à minima appelle les pays industrialisés et les pays en développement à affirmer leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre par écrit d’ici à la fin janvier et prévoit des mécanismes garantissant la transparence de leur mise en œuvre. Mais il ne fixe pas de date pour un « pic » au-delà duquel les émissions commenceraient à décroître. Il prévoit également 30 milliards de dollars à court terme (années 2010, 2011 et 2012), puis une montée en puissance pour arriver à 100 milliards de dollars d’ici à 2020, destinés en priorité aux pays les plus vulnérables afin de les aider à s’adapter aux impacts du dérèglement climatique.

Un accord peu ambitieux qui déçoit beaucoup de délégations et d’ONG

Le délégué du petit archipel de Tuvalu, dans le Pacifique sud, directement menacé par la montée des eaux liée au réchauffement de la planète, a indiqué pour sa part que cet accord revient à proposer « une poignée de petite monnaie pour trahir notre peuple et notre avenir ».  Autre grande déception pour nombre de négociateurs engagés dans le processus : le paragraphe stipulant la nécessité d’aboutir à un traité « légalement contraignant » d’ici la conférence climat de Mexico fin 2010, un temps envisagé, a disparu du document final.

Nicolas Hulot : « Le résultat de Copenhague est affligeant et consternant. Garder l’espoir, ça va devenir un acte de bravoure, alors que le monde a manqué une occasion historique. C’est de l’improvisation, cela faisait deux ans qu’on travaillait pour arriver à ce résultat». Pour lui, la France a cependant été «digne et agressive». «La diplomatie française, avec Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo, a été en pointe. « Ils ont fait leur boulot. Quand ça ne va pas, il faut le dire mais quand ça va, il faut le dire aussi», a-t-il expliqué.

Pascal Husting, directeur de Greenpeace France : « C’est un désastre et un recul par rapport à Kyoto. Il n’y a plus aucune référence scientifique, pas de vision à long terme, et il n’y a qu’une série d’annonces de mesures nationales, totalement volontaires et que personne ne contrôlera, et qui ne seront de toutes manières pas à la hauteur des recommandations de la science».

Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, a estimé pour sa part que « l’accord à minima marquait le début d’un processus qui va être compliqué. On est passé à côté du désastre absolu. Je retiens un échec du système onusien, une déception sur les engagements de chacun à l’exception de l’Europe et de la France», a-t-il déclaré.

Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie : «Nous avons un accord politique qui nous déçoit, qui n’est pas à la hauteur de ce que l’on souhaitait, mais qui reste quand même une étape importante», a confié au Journal du Dimanche. Elle regrette «l’attitude totalement fermée de la Chine et de l’Inde» et dénonce le système de l’ONU «obsolète».

Après Copenhague, les prochaines étapes

L’accord de Copenhague appelle à la conclusion d’un accord complet d’ici fin 2010, mais tout reste à faire au jour d’aujourd’hui. La chancelière allemande Angela Merkel a proposé d’organiser une conférence à Bonn en juin 2010 pour faire le point et préparer le prochain sommet sur le climat qui se tiendra normalement à la fin de l’année 2010 à Mexico. Il ne reste plus qu’à espérer que ce n’est que partie remise et que l’Europe unie sur le sujet, œuvrera activement à l’adoption d’un traité contraignant pour les grands pays pollueurs, en prenant en compte les exigences des pays les plus pauvres, victimes du changement climatique.

Plus d’infos :  Conférence Copenhague –   GIECONU –   www.copenhague-2009.com soutenu par WWF et Greenpeace

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