France : çà bouge enfin dans les hauts débits et la téléphonie mobile

La concurrence dans les domaines du haut débit et de la téléphonie mobile connaît enfin une évolution encourageante en France.

Free le célèbre fournisseur d’accès internet n° 2 en France depuis l’acquisition d’Alice (groupe Iliad), qui a largement contribué au dynamisme du marché français de l’ADSL, a finalement emporté la 4ème licence de téléphonie mobile en France. Le 18 décembre 2009, l’ARCEP (Autorité de Régulation des Télécom)   a en effet attribué, à l’unanimité, à la société Free Mobile la quatrième licence 3G. Les premières offres devraient être disponibles début 2012. Free Mobile s’est engagé à couvrir à cette date 27% de la population française, 75% en 2015 et 90% en 2018 ; ce qui est sensiblement plus ambitieux que les obligations prévues par l’appel à candidatures. L’ ARCEP évalue l’investissement à près de 2 milliards d’euros, compte-tenu du prix de la licence (240 millions). Ce qui permettrait à Free Mobile d’être à l’équilibre dés 2015.

L’arrivée de ce 4ème opérateur français (en Europe, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne disposent de 4 opérateurs depuis de longues années) devrait favoriser une plus grande concurrence sur un marché jusque là verrouillé par les 3 opérateurs actuels : Orange, SFR et Bouygues-Télécom. Le président de l’Arcep a rappelé qu’en matière de téléphonie mobile « le prix moyen pour le consommateur français est très supérieur à ce qu’il est dans le reste de l’Europe », parfois trois fois supérieur ». Free Mobile a prévu de commercialiser un forfait  offrant trois heures d’appels vers les fixes et les mobiles en métropole pour moins de 20 euros par mois, ainsi que des offres quadruple play. En outre, il s’est engagé à accueillir sur son réseau 3G jusqu’à 4 « MVNO ». De quoi dynamiser  et rendre plus concurrentiel le marché du mobile en France.

A défaut de convaincre les opérateurs existants qui s’étaient opposés par tous moyens à l’arrivée d’un quatrième opérateur, voilà qui ne peut que réjouir les consommateurs de mobiles qui peuvent espérer des forfaits bien plus compétitifs qu’aujourd’hui. Verdict dés 2012.

Ces derniers mois, le secteur des hauts-débits avait également connu certaines évolutions intéressantes tendant à accroître la concurrence entre les FAI : Orange, Free et SFR. A ces derniers, il faut ajouter Bouygues-Télécom, arrivé en fin d’année 2008 qui a de nombreux projets pour s’imposer à son tour sur ce marché.  Si la forte croissance de Free, qui engrangeait jusqu’alors de nombreux nouveaux abonnés, s’est nettement réduite en 2009 du fait de la perte d’abonnés suite au rachat d’Alice, à l’inverse, SFR et Bouygues-Télécom ont connus une croissance importante de leur nombre d’abonnés aux 2ème et 3ème trimestres 2009.

Bien qu’arrivé tardivement sur le terrain de l’ADSL, Bouygues Télécom grâce à une offre Bbox, poursuit son offensive sur le marché français. Son offre quadruple-play Idéo lancée en mai connaît un vif succès (offre incluant, outre l’ADSL, la téléphonie illimitée et la TV, un forfait mobile de plusieurs heures). Fort de ces premiers pas dans l’ADSL, l’opérateur s’intéresse maintenant au très haut débit (30 à 100 Mbits) qui permettra de recevoir plusieurs flux simultanés de vidéo en haute définition. Une première offre à 100 Mbits devrait être lancée mi 2010, à l’occasion de la Coupe du monde de football.

Pour gagner son pari, Bouygues Télécom s’appuie sur le réseau en fibre optique déployé par Numéricâble (groupe détenu par les fonds d’investissement américains Altice et Cinven) avec lequel elle a conclu un accord. L’unique câblo-opérateur français a en effet déployé son réseau auprès de 9,4 millions de logements et entend rentabiliser au mieux ses tuyaux aux trois quarts vides. Car, si le réseau Numéricâble est majoritairement constitué en câble coaxial sur la partie terminaison (débit maxi de 30 Mbits), son redéploiement en fibre optique en cours lui permet d’ores et déjà de déployer la fibre auprès de 3,5 millions de foyers dans plus de trente agglomérations en France.

Bouygues Télécom, en proposant un accès à très haut débit sur une partie de la France, est ainsi en passe de combler son retard sur ses principaux concurrents qui en sont encore au début des travaux de construction de leur propre réseau en fibre optique. Grâce à son offre d’accès triple ou quadruple play Idéo, disponible pour plus de 3 millions de clients potentiels en fibre optique (en plus des 8 million en coaxial très haut débit jusqu’à 30 Mbit/s), l’opérateur est en passe de réussir un joli coup.

Avec 4 opérateurs hauts et très débits en France, plus le câblo-opérateur Numéricâble, l’année 2010 devrait marquer le début d’une plus grande concurrence et de meilleurs services pour les consommateurs. Gageons que l’arrivée en 2012 de Free Mobile sur le marché du mobile en France, va générer une saine concurrence dans ce secteur. Les opérateurs en place n’ont qu’à bien se tenir et proposer des offres enfin compétitives.

Plus d’infos : ARCEPDegroupnewsHauts débits en Aveyron

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