Obama : l’heure de vérité a sonné !

1 décembre 2009

Deux jours seulement après l’adoption par l’AIEA d’une résolution condamnant l’Iran pour son programme nucléaire, Téhéran a annoncé examiner de nouveaux projets pour enrichir l’uranium et à construire 10 nouvelles usines d’enrichissement. Dans ce contexte, la Maison Blanche a averti l’Iran qu’il ne dispose plus de beaucoup de temps pour répondre aux inquiétudes de la communauté internationale sur son programme nucléaire. La main tendue aux dirigeants iraniens et les longs mois de négociation où l’Iran a joué la montre, n’ont pas suffit à convaincre. Barack Obama est aujourd’hui obligé de se rendre à l’évidence. Aucune discussion sérieuse n’est possible avec cet état terroriste qui entend poursuivre le développement de l’arme nucléaire à tout prix. Il était temps de faire preuve de fermeté, mais que de temps perdu !

Au Proche-Orient, la situation reste plus que jamais bloquée. Les maladroites tentatives de pression sur Israël n’ont rien donné, bien au contraire. La semaine dernière, l’administration américaine, qui s’était jusqu’alors plutôt engagée aux côtés du palestinien Mahmoud Abbas, s’est ralliée à la position israélienne du premier ministre Benyamin Netanyaou
qui propose de reprendre les négociations sans condition, en contrepartie de l’arrêt immédiat des implantations de colonies en Cisjordanie, sauf à Jérusalem. Alors que le président de l’Autorité palestinienne est très affaibli, on voit mal se dessiner un début de solution en dépit des nombreux voyages diplomatiques et des interventions de la secrétaire d’Etat Hilary Clinton.

De leur côté, les relations avec l’Europe et l’Amérique du sud, en dépit d’une sensible amélioration, restent au point mort.

En Afghanistan, le temps passe et les décisions tardent. Au fil des mois, la situation s’est dégrade et on voit mal un début de solution d’autant plus que le président Amine Karzaï, réélu dans les conditions que l’on sait, manque de crédibilité et ne semble pas en mesure d’imposer une sortie de guerre. Pour sortir de ce guêpier, il n’y hélas pas d’autre alternative que de renforcer la présence militaire pour tenter d’inverser les choses, avec les risques d’enlisement que l’on sait. Barack Obama n’a finalement guère le choix que de donner satisfaction aux militaires sur le terrain. C’est la raison pour laquelle, il vient d’annoncer début décembre l’envoi de 30 000 hommes supplémentaires. Une décision pas facile d’autant que les alliés ne sont pas très disposés à le suivre.

Concernant le réchauffement climatique, en dépit des engagements de campagne et des discours, Barack Obama paraît très en retrait dans ses dernières propositions. Il annonce l’engagement des Etats-Unis à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 17 % d’ici à 2020, par rapport à l’année 2005. Il s’agit certes de chiffres précis mais fort modestes car, en réalité, les 17 % correspondent à un objectif de réduction de 5 % par rapport à l’année de référence de 1990 utilisée par la communauté internationale. De plus, le nouveau président américain engage sa parole sans qu’il ne soit parvenu à un accord avec le Sénat que l’on sait récalcitrant. Au moment où les européens, sous la houlette de Nicolas Sarkozy, proposent une réduction de 20% sur la base de l’année 1990 (soit quatre fois plus), nous sommes bien loin d’un accord à Copenhague comme espéré auprès son élection. Gageons que sa présence au sommet, même brève et en dehors de la séance de clôture, permettra d’arracher un début de solution honorable pour la planète et les pays les plus pauvres et les touchés par le changement climatique.

A l’aube de l’année 2010, après un an de mandat, de beaux discours et un prix Nobel de la Paix par anticipation, Barack Obama est bel et bien au pied du mur. L’ « Obamania » est terminée et chacun attend maintenant des actes ! La nouvelle situation, issue de la crise financière, n’est pas facile à gérer avec la fin de l’unilatéralisme qui avait permis aux USA de s’imposer sur la scène mondiale ces dernières décennies. Le monde est aujourd’hui multipolaire, à l’instar des BRIC et de l’Europe qui entendent imposer leur vision. Pour Obama, une page se tourne et l’heure de vérité est arrivée. Espérons que nous ne seront pas trop déçus ! A suivre.