Nicolas Sarkozy : un président sur tous les fronts

Dans le prolongement de sa présidence de l’Union européenne de 2008, Nicolas Sarkozy est reparti de plus belle à l’assaut de la politique internationale, faisant de la France et de l’Europe, un pilier ferme et résolu face aux USA. Entraînant avec lui Angela Merkel et Gordon Brown, le trio France, Allemagne et Grande-Bretagne ont présenté un front uni sur de nombreux sujets.

Son discours devant l’assemblée de l’ONU du 23 septembre a été un modèle d’ambition et de détermination à faire aboutir les grands dossiers : réforme de l’institution onusienne et du conseil de sécurité, plus grande représentativité de tous les continents en son sein, renforcement du multilatéralisme, mise en place d’une véritable politique de coopération entre les pays du nord et du sud, instauration d’une organisation mondiale chargée de la protection de l’environnement… pour ne citer que les plus significatives. Au final, un discours ambitieux et volontariste de la France pour faire avancer la paix et la sécurité dans le monde qui n’a pas, semble-t-il, laissé l’assistance indifférente.

Le lendemain, devant le conseil de sécurité de l’ONU présidé pour la première fois par Barack Obama, le même Nicolas Sarkozy s’est montré direct et très ferme en rappelant les graves manquements de l’Iran et de la Corée du nord à leurs engagements en matière de non prolifération nucléaire et l’incapacité pour le Conseil de sécurité de faire respecter les décisions prises. Un fois de plus, le président français a dénoncé l’attitude de l’Iran qui joue un double jeu et fait trainer les choses afin de gagner du temps, pour poursuivre le développement de son programme nucléaire militaire, au nez et à la barbe du Conseil de sécurité et de l’AIEA. Et d’appeler le Conseil de sécurité à faire preuve d’une extrême fermeté vis-à-vis de l’Iran dont le comportement menace directement la sécurité d’Israël, membre de l’ONU et du reste du monde.

En prélude au sommet de Pittsburgh, suite à la confirmation de l’existence d’un deuxième centre jusqu’alors secret d’enrichissement de l’uranium en Iran, équipement qui ne peut qu’être destiné au développement d’armes nucléaires, les présidents Obama et Sarkozy et le premier ministre Brown sont montés au créneau pour dénoncer fermement l’attitude de l’Iran et exiger le respect immédiat des décisions du conseil de sécurité de l’ONU. Pour une fois, cette nouvelle condamnation et mise en garde à l’Iran a fait l’unanimité des membres du conseil de sécurité, y compris la Russie et la Chine. Enfin une détermination commune de nature à faire pression sur l’Iran et permettre de mettre un terme à la poursuite de son programme nucléaire militaire.

Le sommet du G20 de Pittsburgh qui a suivi, avait pour objet de mettre en place un ensemble de régulations mondiales, destinées à limiter les dérives financières des établissements bancaires qui ont conduit à la présente crise mondiale. Les pressions exercées par les européens, sous la houlette de Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Gordon Brown promettaient des discussions difficiles avec les USA, peu enclins à réguler leur secteur financier. Au final, et même si les européens n’ont pas eu entièrement satisfaction, notamment sur le plafonnement des bonus (mais est-ce bien là l’essentiel ?), il semble qu’un certain nombre de mesures qui seront mises en application dans les deux prochaines années aboutissent à mieux réguler le secteur financier et à favoriser une plus grande transparence. Mais comme toujours, c’est un compromis probablement insuffisant mais qui a le mérite de marquer une volonté des gouvernants de mieux contrôler les dérives financières (augmentation des fonds propres des banques, ratios d’endettement à respecter, bonus mieux contrôlés, meilleure transparence des normes comptables, encadrement du secret bancaire et des paradis fiscaux…).

Après cette semaine très chargée aux USA, il semble que le président de la République française souhaite maintenant se consacrer pleinement au succès du sommet de Copenhague en décembre prochain, à un moment où ses alliés européens paraissent moins enclins à le soutenir dans ce nouveau challenge pour enrayer le changement climatique. Voilà un nouveau défi planétaire majeur pour lequel, en raison des divergences profondes entre certains pays du nord et du sud, il est bien difficile de prédire s’il sera ou non un succès. Espérons…

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