Brésil : une démocratie qui se cherche encore

5 septembre 2009

A la veille de la visite de Nicolas Sarkozy au Brésil, revenons un instant sur ce grand pays qui fait aujourd’hui partie des 10 plus grandes puissances économiques du monde. Elu en 2003, le président brésilien Luiz Inacio Lula a profondément transformé un pays moribond qui était l’éternel malade de l’Amérique du Sud. En moins de 8 ans, cet ancien ouvrier métallurgiste est aujourd’hui courtisé à travers le monde. Le mérite lui en revient entièrement. Il a tenu le cap face à l’aile gauche de son parti pour défendre le marché libre, réduire la dette et assainir les finances publiques.

Il a parallèlement su mener une politique sociale ambitieuse qui lui a permis de sortir de la pauvreté prés de 12 millions de brésiliens. En dépit de ses succès remarqués qui en font un maillon fort des BRIC (Brésil, Russie, Chine, Inde), contrairement à d’autres pays comme le Vénézuela de Chavez, il a résisté à la tentation de modifier la constitution pour briguer un troisième mandat. Parmi le groupe des BRIC, le Brésil a su rester une véritable démocratie et se moderniser. Reconnu internationalement, membre du G20, futur membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, le Brésil ambitionne aujourd’hui d’unifier l’Amérique latine à instar de l’Union Européenne.

Renforcé et fort de son indépendance, le Brésil entend aussi tenir son rôle au niveau mondial. Pour autant, la ligne du Brésil n’est pas toujours aussi limpide qu’on pourrait l’espérer notamment dans l’espoir de voir ce pays, allié de l’Europe, contribuer à pacifier le monde. Son alignement sur la Chine, la Russie et Cuba au Conseil de sécurité de l’ONU ne peut qu’inquiéter la communauté internationale ; sans parler de son soutien apporté à l’Iran et à Ahmadinejad ces derniers mois. Tout aussi inquiétant, sa relative proximité avec Hugo Chavez et sa dictature qui se radicalisent contre les Etats-Unis en dépit de l’arrivée de Barack Obama et de ses ouvertures. On peut aussi s’inquiéter de la déforestation croissante de l’Amazonie et du développement intensif d’une agriculture industrielle trop tournée vers les OGM.

Dans ce contexte, la visite du président français qui entretient des relations privilégiées avec Lula, devrait contribuer à rassurer nos amis brésiliens et à faire en sorte qu’ils choisissent une fois pour toute leur camp. Dans cette optique, l’Europe a un rôle important à jouer en raison notamment de son indépendante vis-à-vis des Etats-Unis et des relations économiques étroites que les deux parties entretiennent.

Ces dernières années, les importants marchés militaires conclus avec la France incluant notamment le transfert de technologie (navires de guerre, sous-marins, hélicoptères…) devraient permettre de renforcer les liens économiques et politiques. Le choix prochain par le Brésil de l’avion de combat français Rafale, face au F18 américain, pour moderniser l’armée de l’air brésilienne, devrait participer à consolider les relations. Souhaitons que cette entente cordiale entre l’Europe et le Brésil participe à la naissance de l’Union pour l’Amérique du Sud et au renforcement des puissances démocratiques que sont l’Argentine, le Chili, le Pérou et la Colombie. Ce serait le meilleur moyen de renforcer la paix dans le monde face aux dictatures qui sont à la recherche d’une nouvelle guerre froide.