Japon : après 50 ans, l’alternance centriste

C’est fait ! Après plus de 50 années de pouvoir sans partage, et comme prévu, le PLD (Parti Libéral Démocrate – conservateur) a été largement battu aux dernières élections législatives japonaises du 30 août 2009. Cette défaite cuisante (environ 119 députés contre 310 précédemment sur un total de 480) en dit long sur l’état de décomposition du PLD, son incapacité à sortir le pays de la crise et plus généralement sur le rejet des japonais d’un système qui a mis à mal le corps social et fragilisé les retraités, les jeunes et les chômeurs.

Le vainqueur, Yukio Hatoyama, lui-même ancien dissident du PLD, qui avait contribué à créer le PDJ (Parti Démocrate du Japon – centriste) qu’il préside aujourd’hui. Il est très connu au Japon car son grand-père, qui avait fondé Bridgestone, avait été Premier ministre et son père ministre des Affaires étrangères. C’est sa sixième réélection dans sa circonscription située sur l’île d’Hokkaïdo, berceau de sa famille. En emportant 310 sièges de députés, contre 112 antérieurement, le PDJ a été porté par un véritable tsunami. Il disposera à lui seul d’une confortable majorité au sein de la Diète, le Parlement japonais. Nul doute que cette majorité lui sera nécessaire pour mettre en œuvre sa politique d’assainissement des finances publiques.

Le Parlement japonais devrait élire le nouveau Premier ministre. Constitutionnellement, ce poste revient au président du parti politique majoritaire. A peine élu, Yukio Hatoyama s’envolera pour le sommet du G20 de Pittsburg fin septembre où il rencontrera les leaders de la planète. Ce qui lui laissera que peu de temps pour former son gouvernement et ses équipes afin de s’attaquer aux nombreux problèmes japonais.

La rupture devrait être somme toute relative au Japon. Le nouveau gouvernement devrait toutefois avoir un marquage sensiblement plus social et manifester une volonté de rétablir les grands équilibres budgétaires pour permettre certaines réformes. Mais les principaux changements devraient concerner la politique étrangère. Fidèle à ses engagements de campagne, Hatoyama devrait confirmer le caractère pacifiste de la constitution du Japon, favoriser une amélioration des relations avec la Chine et faire preuve d’une certaine indépendance vis-à-vis des Etats-Unis.

Les défis à surmonter par Yukio Hatoyama sont immenses. L’avenir nous dira rapidement s’il est en mesure de répondre aux attentes des japonais.

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