Politique française : le début de la fin du parti socialiste ?

Voilà des années que le Parti Socialiste français est à la dérive. Pourtant, ces derniers mois, force est de constater que depuis l’arrivée de Martine Aubry en tant que 1ère secrétaire, la situation du parti n’a fait qu’empirer (absence de stratégie et de véritable programme politique, renforcement des clans rivaux, opposition frontale entre certains éléphants et les quadras qui n’en peuvent plus d’assister à la déconfiture…). Et la liste est longue…

La crédibilité politique du parti socialiste est tombée si bas qu’il a atteint le score ridicule de 16% des suffrages lors des dernières élections européennes de 2009 alors que l’objectif avoué par Martien Aubry était de l’ordre de 25% (son score habituel), voire d’arriver en tête devant la liste UMP qui a finalement réalisé 28%. Comment un parti d’opposition pro-européen, a-t-il pu réaliser un score aussi bas à cette élection ?

La réponse est pourtant simple. Le parti socialiste n’a pas évolué depuis des décennies. Dirigé par les éléphants qui mènent le parti depuis plus de 30 ans, ces derniers n’ont d’autre ambition que de conserver le contrôle du parti en vue de préparer l’élection présidentielle. Repliés sur leur petit nombril, ils ont oublié l’essentiel : les électeurs. Ils n’ont pas vu que la société française avait changé et continuent à se fonder sur des idéaux vieillots et dépassés qui ne font plus recette.

Le parti socialiste français ressemble aujourd’hui à une véritable auberge espagnole. On y trouve tout et tout repose sur le passé. Les divergences entre les divers courants n’ont jamais été aussi grandes et ses dirigeants s’avèrent incapables d’établir un début de synthèse, et pour cause ! Ce qui leur permet encore d’exister médiatiquement, c’est de crier au loup pour un oui ou pour un non contre les propositions gouvernementales ou d’attaquer le Président de la République. Jusqu’à quand ? Par contre, aucun début de proposition ou de programme sérieux et crédible, susceptible de présenter une alternative, n’émane de ce parti depuis les lustres. En ces temps difficiles et d’incertitudes pour chacun, qu’elle crédibilité peut-il avoir ?

Ces dernières élections européennes ont également eu le mérite de faire apparaître l’étendue des divergences entre le parti socialiste français et la plupart des autres partis socialistes européens. Ces derniers ont évolué vers la social-démocratie et se sont adaptés à l’Europe d’aujourd’hui pour répondre aux attentes des électeurs. A tel point qu’aujourd’hui, la différence entre certains partis socialistes européens (Allemagne, Espagne, Suède, Danemark, Belgique, Pays-Bas) et les partis de centre droit européens (Allemagne, France, Espagne, Pays-Bas, Belgique…) deviennent infimes. Ce qui n’est pas surprenant dés lors que le pragmatisme impose des décisions politiques très proches, voire uniques. Une alliance objective existe d’ailleurs entre ces divers partis majoritaires au Parlement européen, tant dans le fonctionnement de celui-ci que les grands sujets européens.

A défaut de rompre avec un passé empreint de marxisme et des alliances dépassées, le parti socialiste français persiste ainsi à se marginaliser vis-à-vis des autres partis socialistes européen, et plus grave, de ses propres électeurs. Pourquoi continue-t-il à refuser de s’adapter au monde d’aujourd’hui, contre vents et marées, et à poursuivre des chimères qui le conduisent droit à l’autodestruction ? On comprend que certains répondent favorablement aux propositions d’ouverture de Nicolas Sarkozy ou quittent peu à peu le navire…

Le score réalisé par les Verts, menés par Daniel Cohn-Bendit, ne semble pourtant pas inquiéter Martine Aubry, bien que ce dernier ait fait jeux égal avec le parti socialiste et l’ait même dépassé en région parisienne. L’intelligence de Daniel Cohn-Bendit a été de faire l’unité des Verts autour d’un programme simple, clair et compréhensible, partagé par une majorité d’électeurs. La campagne électorale qui s’en est suivie a été bien menée, exclusivement autour des thèmes propres à l’Europe et au programme défendu par les Verts. En sanctionnant les listes qui recherchaient une certaine légitimité (Parti Socialiste, Bayrou, Front National…), les électeurs ont adressé un message fort et clair : arrêtez de nous prendre pour des imbéciles !

Les résultats de ces élections, en dépit d’une faible participation (les absents ont toujours tort) sont d’ailleurs très rassurants pour la démocratie française et porteurs de nombreux messages que les formations politiques ne pourront ignorer. Espérons que la classe politique française tienne compte de ces enseignements. Les Verts ont bien compris la leçon et veulent surfer sur l’espoir qu’a suscité leur récent score afin d’insuffler un nouveau souffle à gauche, quitte à « casser » le parti socialiste. Qui s’en plaindra, à part le parti socialiste qui ne bouge toujours pas !

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