Occitanie : 800 ans aprés le rêve brisé par les français (1)

Le sud de ce qui est aujourd’hui la France, allant de la Provence, à l’Auvergne, au Limousin, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Aquitaine, était il y a encore 800 ans une vaste région riche, prospère et indépendante du royaume de France. Pays des troubadours, de l’amour courtois et de la tolérance, sous la houlette de ces comtes bien-aimés (Raymond VI, Trencavel…), les terres occitanes vivaient paisiblement et harmonieusement, sous la protection avec du pays frère : la Catalogne-Aragon. Ce pays occitan, à la forte identité, n’entretenait alors guère de relations avec la France, pays avec lequel elle n’avait d’ailleurs pas d’affinités particulières.

C’est ici, au cœur de ce pays occitan, tolérant et ouvert, sous la bienveillance des comtes de Toulouse, Foix, Carcassonne et de Comminges, que le catharisme (cette foi chrétien débarrassée de l’église romaine) a trouvé non seulement un refuge, mais également une véritable terre de prédilection. Cette forte volonté d’indépendance spirituelle et politique vis-à-vis de la France et de l’église romaine n’était pas du goût des rois de France, ni du pape Innocent III. En 1209, cette alliance objective contre l’Occitanie allait naître par le début de la croisade albigeoise menée par Simon de Montfort, avec l’appui de la papauté. Elle mit à feu et à sang toute l’Occitanie jusqu’en 1229 par l’assassinat systématique des croyants cathares et de leurs soutiens, permettant ainsi aux barons désargentés français de s’octroyer de nombreux châteaux et possessions, en contrepartie de leur participation à la guerre.

L’année 1209 marqua le début des hostilités contre l’Occitanie, dont Béziers, propriété du comte de Carcassonne, fût la première victime. La tristement célèbre phrase prêtée au légat du pape lancée devant les remparts de la ville qui résistait aux troupes française en dit long : « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! » Cette bataille aboutira à l’anéantissement de la ville et la mort de la totalité de ses 20 000 habitants, dont un grand nombre n’étaient, ni de religion cathare, ni des sympathisants. Autant de personnes qui ont préféré mourir plutôt que de se livrer aux troupes françaises.

C’est ainsi, en l’an 1209, que commença la fin, savamment et puissamment orchestrée par les rois de France et le pape, du peuple et de la civilisation occitane. En dépit des moyens militaires colossaux mis en œuvre par la France, les occitans résistèrent vaillamment aux agresseurs, sans jamais renoncer à leurs engagements. Les assassinats systématiques des croyants et de leurs présumés soutiens durera ainsi plus de cinquante ans.

Aujourd’hui, plus de 800 ans après, cette terrible période endurée par les occitans n’est pas oubliée. Non seulement la culture et la langue occitane ont résisté, mais elles renaissent chaque jour un peu plus à travers le monde.

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Un commentaire pour Occitanie : 800 ans aprés le rêve brisé par les français (1)

  1. Godilhaire dit :

    Précision
    Lo Ducat d’Aquitània fa partit de França dempuèi 1453, e l’impausicion lingüistica data de 1470, son passat del bilingüisme (latin-gascon/occitan) al monolingüisme parisenc, lo francés de l’epòca, una lenga del pichonèl rei d’una valèia perduda al nòrd.
    Lo Lemosin e l’Auvernha èran tèrra de l’ecclesia, del poder ecclesial (aquò’s èra pas lo Papa), dempuèi la batalha perduda del Ducat d’Aquitània contra lo govèrn del pichon rei del nòrd, lo meteis.
    Lo comtat de Lengadòc anava en Provença, mas èra pas tota Provença, l’autre part èra del Reialme d’Arle e donc lo Sant Empèri germanic ; èra pas lo moment d’i tocar. A calgut un René Ier, francofòne d’Anjòu per obténer lo basculament dins las selhas dels poders parisencs.

    Los Occitans e las Occitanas an resistat a mantunes moments contra aqueste poder del nòrd, per la violéncia, per la paraula, per l’escrich, per associacion ambe d’autres poders periferics, per la conquèsta d’autres poders periferics, … mas cada còp los mercenaris parisencs a matat la revòlta. Mas cada còp contra Roma e lo poder de la cristianetat vaticanesca. La nacion occitana a après a èstre docila.

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