Birmanie : Aung San Suu Kyi condamnée à 18 mois d’assignation à résidence

Avec la récente condamnation d’Aung San Suu Kyi à 18 mois d’assignation à résidence, le gouvernement birman confirme une fois de plus l’intransigeance de sa dictature, conduite d’une main de fer par la junte militaire qui se refuse à respecter les scrutins démocratiques.

Malgré les interventions de l’ONU ces derniers mois, rien n’y a fait. Les capitales occidentales condamnent unanimement ce verdict qui ne repose sur aucun fondement, si ce n’est la nécessité pour la junte birmane d’empêcher Aung San Suu Kyi d’être candidate aux prochaines élections dans un an. Barack Obama a réclamé sa libération « immédiate et sans condition« , précisant : « C’est quelqu’un qui n’aurait jamais dû être jugé, et certainement pas condamné« .

Cette large condamnation internationale du régime birman est une fois de plus neutralisée par la Chine qui persiste à apporter son soutien au régime en place, allant jusqu’à demander aux autres nations de « respecter la souveraineté des tribunaux du Myanmar ». On croit rêver ! Une fois de plus, la Chine, la plus grande dictature du monde qui ne cesse d’enfreindre les droits dans son propre pays (cf Tibet, Xinjiang…), donne des leçons aux autres et apporte sa caution à une dictature sœur. Par delà cette communauté de régime, la Chine veille scrupuleusement à défendre ses intérêts économiques en préservant son pré carré que constitue la Birmanie du fait du boycott de la plupart des pays.

Dans ce contexte, est-il opportun comme certains le demande, d’exiger le retrait du pétrolier Total de Birmanie, sachant que l’espèce ainsi abandonné serait aussitôt comblé par les entreprises chinoises ? On peut d’autant plus douter de l’efficacité d’un tel retrait qu’il est incontestable que Total apporte aux populations locales, outres les rémunérations servies, des aides et services qu’aucune autre entreprise n’est en mesure d’apporter pour limiter les effets désastreux de la politique menée par la junte birmane.

C’est justement en raison de la position de la Chine, mais aussi de la Russie, du Vietnam et de la Libye que le Conseil de sécurité de l’ONU a ajournée les discussions concernant la Birmanie. On est loin d’arriver à une déclaration commune (les deux premiers pays possédant un droit de veto) et encore moins d’une résolution. Ce qui est bien triste et en dit long sur la nécessité de réformer l’ONU.

Dans ce contexte de solidarité entre les dictatures du monde, ne faudra-t-il pas, à terme, prendre des mesures contre des pays tels la Chine qui ignorent la démocratie et les droits de l’homme et continuent, en tout impunité, à soutenir les régimes les plus féodaux et inhumains ? Va-t-on continuer longtemps à se laisser dicter les choix imposés par la Chine qui est tout, sauf un pays démocratique et respectueux du droit international ?

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