Birmanie : Aung San Suu Kyi condamnée à 18 mois d’assignation à résidence

12 août 2009

Avec la récente condamnation d’Aung San Suu Kyi à 18 mois d’assignation à résidence, le gouvernement birman confirme une fois de plus l’intransigeance de sa dictature, conduite d’une main de fer par la junte militaire qui se refuse à respecter les scrutins démocratiques.

Malgré les interventions de l’ONU ces derniers mois, rien n’y a fait. Les capitales occidentales condamnent unanimement ce verdict qui ne repose sur aucun fondement, si ce n’est la nécessité pour la junte birmane d’empêcher Aung San Suu Kyi d’être candidate aux prochaines élections dans un an. Barack Obama a réclamé sa libération « immédiate et sans condition« , précisant : « C’est quelqu’un qui n’aurait jamais dû être jugé, et certainement pas condamné« .

Cette large condamnation internationale du régime birman est une fois de plus neutralisée par la Chine qui persiste à apporter son soutien au régime en place, allant jusqu’à demander aux autres nations de « respecter la souveraineté des tribunaux du Myanmar ». On croit rêver ! Une fois de plus, la Chine, la plus grande dictature du monde qui ne cesse d’enfreindre les droits dans son propre pays (cf Tibet, Xinjiang…), donne des leçons aux autres et apporte sa caution à une dictature sœur. Par delà cette communauté de régime, la Chine veille scrupuleusement à défendre ses intérêts économiques en préservant son pré carré que constitue la Birmanie du fait du boycott de la plupart des pays.

Dans ce contexte, est-il opportun comme certains le demande, d’exiger le retrait du pétrolier Total de Birmanie, sachant que l’espèce ainsi abandonné serait aussitôt comblé par les entreprises chinoises ? On peut d’autant plus douter de l’efficacité d’un tel retrait qu’il est incontestable que Total apporte aux populations locales, outres les rémunérations servies, des aides et services qu’aucune autre entreprise n’est en mesure d’apporter pour limiter les effets désastreux de la politique menée par la junte birmane.

C’est justement en raison de la position de la Chine, mais aussi de la Russie, du Vietnam et de la Libye que le Conseil de sécurité de l’ONU a ajournée les discussions concernant la Birmanie. On est loin d’arriver à une déclaration commune (les deux premiers pays possédant un droit de veto) et encore moins d’une résolution. Ce qui est bien triste et en dit long sur la nécessité de réformer l’ONU.

Dans ce contexte de solidarité entre les dictatures du monde, ne faudra-t-il pas, à terme, prendre des mesures contre des pays tels la Chine qui ignorent la démocratie et les droits de l’homme et continuent, en tout impunité, à soutenir les régimes les plus féodaux et inhumains ? Va-t-on continuer longtemps à se laisser dicter les choix imposés par la Chine qui est tout, sauf un pays démocratique et respectueux du droit international ?


Taxe carbone : pourquoi la France doit l’imposer dés 2010

12 août 2009

Suite à la présentation des conclusions de la « Conférence des experts » présidée par Michel Rocard, fin juillet 2009, le journal Libération titrait, non sans une certaine provocation : « Une nouvelle taxe de 300 € par an pour la plupart des ménages  qui pourrait aussi englober l’électricité ». Dans le genre : « encore une taxe qui va durement frapper les plus modestes »… histoire probablement de relayer le grand public et s’attirer quelques lecteurs, on ne fait pas mieux. Attristant !

Voici pourtant plus de 10 ans déjà que la Suède, réputée être un pays social et très sensible à la préservation de l’environnement, a instaurée une taxe carbone à l’encontre de tout un chacun. Quoi de plus normal, en effet, que cette Contribution Climat-Energie (CCE). Nous savons depuis longtemps que la pollution générée par les énergies fossiles, à commencer par les automobiles, est à l’origine du changement climatique en cours dont on voit chaque jour les effets néfastes pour l’avenir de l’humanité.

En 2009, peut-on encore continuer à fermer les yeux et ne rien faire ? Au contraire, il y a urgence à agir pour pénaliser l’utilisation des énergies fossiles, tant au niveau des entreprises que des particuliers. Car, il faut bien l’avouer, à des degrés divers, les pays développés ont un haut niveau de responsabilité dans l’augmentation du CO2 et le processus de changement climatique en cours.

Le Grenelle de l’environnement avait unanimement acté la nécessité de la mise en place d’une contribution climat-énergie. Celle-ci avait été confirmée par Nicolas Sarkozy lors de la présidence française de l’Union Européenne, marquant ainsi la volonté de l’Europe de s’engager dans une véritable politique environnementale.

Dans cet esprit, il faut saluer le travail et les conclusions de la commission présidée par Michel Rocard qui a le courage de faire un constat sans appel de la situation et proposer un certain nombre de mesures, susceptibles de modifier à court terme, le comportement de chacun. Reste au gouvernement à trouver le bon dosage tarifaire, préciser les énergies visées et la répartition entre les entreprises et les particuliers, sans oublier les moyens d’atténuer le coût pour les plus modestes.

Sachant que pour être efficace et jouer pleinement son rôle visant à décourager l’utilisation d’énergies fossiles, cette contribution doit avoir un coût pour chacun. C’est le prix à payer pour limiter les effets du changement climatique et préparer le monde de demain, qui sera nécessairement très différent de celui d’aujourd’hui.

On ne peut que se réjouir de cette décision française qui ne manquera pas d’entraîner dans son sillage l’Europe et la plupart des pays développés. Sauvons notre planète tant qu’il en est encore temps, quitte à déplaire à quelques esprits étroits et repliés sur eux-mêmes !