Banques : peut-on encore leur faire confiance ?

Voici peu de temps, il était de bon ton d’affirmer que les banques françaises étaient parmi les plus solides et les mieux encadrées d’Europe, pour ne pas dire du monde. A y regarder de plus prés, la réalité paraît beaucoup moins rassurante.

Le système de banque généraliste développé en France a effectivement fait ses preuves (merci aux particuliers, les plus ponctionnés d’Europe). Il n’en reste pas moins qu’à l’issue de la grave crise financière que nous venons de traverser, beaucoup d’entre-elles apparaissent fragilisées avec des ratios (dettes/fonds propres) parmi les plus bas en Europe. Leur gouvernance s’est souvent révélée défaillante et non transparente ; quant-aux autorités de contrôle, elles ont brillé par leur relatif silence.

Les aides de l’Etat français (prêts) ont été parmi les plus importantes du monde, loin devant l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Ce fut pourtant le bon choix pour éviter le pire, mais aussi la confirmation d’une exposition excessive des banques françaises aux risques liés aux placements hasardeux dans des produits financiers dérivés. Dans ce contexte financier dégradé et face aux licenciements qui frappent de nombreux salariés, la récente décision de BNP-Paribas de provisionner plus d’un milliard d’euros de primes destiné à ses traders, interpelle fortement les contribuables.

Pour autant, les critiques formulées récemment par Mme Aubry pour l’opposition apparaissent pour le moins infondées et fantaisistes. Il est vrai que, pour cette dernière,  tous les moyens sont bons pour exister alors que le parti socialiste français s’avère incapable à s’organiser et se moderniser à l’instar des autres partis européens. Au fait, quelles sont les propositions concrètes et réalistes de son parti face à la profonde crise planétaire actuelle ?

Les mesures envisagées lors du dernier G20, à l’initiative de la France, concernant notamment les modalités de rémunération des opérateurs de marchés, ne sont pas entrées en vigueur en raison de leur complexité et des difficultés à parvenir à un accord. Les nouvelles règles applicables devraient être adoptées lors du sommet de Pittsburgh, en septembre 2009. Pour être efficaces, ces règles précises et contraignantes devront s’appliquer à l’ensemble des banques mondiales et conduire à plafonner le montant des rémunérations des traders.

Il faut bien reconnaître que la marge de manœuvre des états  reste très limitée sur ce point. En effet, ces bonus concernent, d’une part, des contrats de travail privés sur lesquels l’état n’a aucun pouvoir d’intervention, et d’autre part, la seule modification  unilatérale de ces contrats par un pays, se ferait au détriment des banques de ce même pays qui verraient ainsi leurs traders partir au profit d’établissements financiers étrangers. Ce qui ne manquerait pas de détériorer un peu plus une situation financière précaire.

Espérons que ce prochain G20 aboutira à des décisions concrètes et courageuses pour assainir le système financier international et qu’il permettra la mise en place d’une véritable autorité de contrôle internationale. En attendant, observons le comportement des banques qui vont devoir acquitter prochainement les intérêts dus sur les prêts accordés par l’état et gardons-nous de la démagogie.

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